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Adrien Grimmeau (Iselp): quand les artistes ressentent l’urgence "de disparaître" C’est en découvrant la 13e édition de la Documenta de Kassel qu’Adrien Grimmeau a vécu sa première épiphanie du vide. Une double dose. “Deux fois rien”, serait-on tenté d’écrire. Dans le hall d’entrée, l’un des lieux emblématiques de cette exposition de réputation internationale, Ryan Gander, l’artiste britannique conceptuel, avait choisi de donner à voir un… courant d’air. Le même espace faisait place à une minuscule vitrine dans laquelle se trouvait un document. Disposé là par Carolyn Christov-Bakargiev, la commissaire de l’événement, le meuble vitré offrait à la contemplation la lettre d’un peintre, Kai Althoff, qui remerciait la curatrice de son invitation à participer à la manifestation -le rêve d’une carrière pour un artiste- mais la suppliait dans le même temps de le libérer de son engagement. En cinq pages, l’intéressé précisait une incapacité que pouvait circonscrire la phrase “J’ai le sentiment que les choses qui reposent sur moi vont m’écraser”. “Passé un moment de rejet épidermique, ces deux œuvres qui avaient fait le pari du vide me sont restées”, explique l’historien de l’art. Après que le sujet s’est frayé un chemin en lui à la faveur d’une maturation silencieuse de trois années, Adrien Grimmeau décide de faire de ces “actes de retrait menés par des artistes” -qu’il s’agisse d’arrêter de produire, de ne pas exposer, ou d’exposer du vide…- un objet d’étude. Jusqu’ici, le directeur de l’Iselp leur a consacré deux cycles de conférences (il est encore possible d’assister à l’une d’entre elles ce 25 avril).
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