Reporté de quelques mois à cause du Covid, Je ne haïrai pas rencontre enfin le public au Théâtre de Poche. Mise en scène par l'infatigable Denis Laujol, Deborah Rouach y porte seule le témoignage d'un médecin palestinien extra-ordinaire.

Article du magazine
Laurent Raphaël

L'art est un bon baromètre pour humer l'air du temps. Ses révolutions esthétiques précèdent souvent les mouvements tectoniques de la société tout entière. Le futurisme des années 1910 n'annonçait-il pas le culte de la vitesse et la folie autodestructrice qui consumeront la modernité industrielle tout au long du XXe siècle?

Pour le 40e anniversaire de son implantation, la Balsamine met sa fondatrice Martine Wijckaert à l'honneur avec la création de sa dernière pièce, Forêts paisibles. Où des satyres velus se chamaillent comme des Bidochon. Jubilatoire!

Sous l'oeil critique d'Edson Anibal, Vincent Marganne revient sur ses souvenirs d'enfant blanc né en Afrique et ayant vécu de près, sans trop comprendre alors de quoi il s'agissait, le premier génocide au Burundi. Un spectacle fort et délicat à la fois.

Ce jour-là, en fin de journée, à l'extrême nord du Danemark, le peintre danois Peder Severin Kroyer se promène le long des longues plages de sable blond qui s'étire à l'infini au sud du port de pêche de Skagen. Devant lui, à quelques mètres, marchent, en conversant, Marie, sa jeune femme en compagnie de son amie. Il les photographie.

Le Théâtre royal du Parc a la bonne idée de remonter Une maison de poupée. À la mise en scène, Ladislas Chollat démontre que ce classique de Henrik Ibsen a gardé toute sa pertinence. Avec Anouchka Vingtier pour incarner la fragile Nora et son parcours vers l'émancipation.

Seul au milieu de tous dans la cour du Petit Varia, Axel Cornil regarde chaque spectateur droit dans les yeux pour lui conter la rencontre d'un père avec un éléphant dans ce Macadam Circus choral, singulier et diablement touchant.

Avec The Visit, la compagnie La Pigeonnière propose un safari urbain en forme de voyage dans le temps. Un décalage du regard bienvenu, et vraiment drôle, pour se rendre compte des absurdités de notre époque.

Dans le cadre des Retrouvailles du Théâtre Le Public, Itsik Elbaz porte seul en scène les tourments d'un père de famille à l'approche de la cinquantaine. Du paddle à Biarritz, adapté de Fabrice Caro, déclenche sans faillir les rires sous les masques.

Au coeur de l'asile psychiatrique de Gand, la collection d'art outsider se déploie dans un espace labyrinthique fait de couloirs, de passages et de lieux clos comme celui qui accueille les oeuvres au noir de François Burland.

Le Théâtre de Poche reprend Fritland, le spectacle à succès de Zenel Laci et Denis Laujol, en version outdoor au souffle balkanique. Sous les étoiles, les frites ont encore meilleur goût.