Schmigadoon!
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Les deux créateurs rigolards de la trilogie Moi, Moche et Méchant nous catapultent au pays des rêves et sautent à pieds joints dans la comédie musicale avec cette parodie du classique Brigadoon, adapté au cinéma en 1954 par Vincente Minnelli. Deux randonneurs (les humoristes Cecily Strong et Keegan-Michael Key) débarquent par hasard dans le village de Schmigadoon, coincé à l'âge d'or kitsch des comédies musicales, et apprennent que seul un amour sincère pourra les rendre au monde réel. Alan Cumming dans la mise en plis d'un maire peroxydé survolté et Martin Short en farfadet promettent à cette pochade improbable quelques bons éclats de rire. Rentrée précoce sur les bancs de l'université pour Netflix, qui accueille la première livraison de sa collaboration avec le duo des créateurs de Game of Thrones, David Benioff and D.B. Weiss: une dramédie en six épisodes écrite et produite par l'actrice Amanda Peet (Dirty John: The Betty Broderick Story). Sandra Oh, qui a révélé avec Killing Eve son énorme potentiel comique, y tient le rôle de Ji-Yoon, première femme nommée à la tête du département d'anglais d'une prestigieuse université américaine, gérant la pression de sa nouvelle fonction avec l'aisance d'un Pierre Richard des grandes heures. Jay Duplass (Transparent) et Holland Taylor (Hollywood) sont au générique. La troisième collaboration entre Nicole Kidman et David E. Kelley (The Undoing et Big Little Lies) nous convie à ouvrir nos chakras lors d'un stage wellness qui vire au drame. Adaptée d'un roman de Liane Moriarty (qui produit également), Nine Perfect Strangers entre dans la promesse de guérison et de transformation formulée par Masha, thérapeute gourou, à ses neuf patients. Durant dix jours, secrets et révélations vont s'inviter dans une catharsis grotesque et malsaine, et jeter la lumière sur un lieu pas si hospitalier qu'il n'y paraît. Du doucereux au pervers, de quoi en finir une fois pour toutes avec "soi-même"? Le séjour hors de sa zone de confort se poursuit pour l'ex-coach de football américain Ted Lasso. Sa reconversion en entraîneur de l'équipe de Premier League du AFC Richmond s'est soldée par une relégation. Pas de quoi freiner l'enthousiasme de cet optimiste logorrhéique qui se voit, cette saison, flanqué d'une psychologue du sport. Sudeikis y tient un de ses rôles les plus attachants et sa bonhommie communicative va faire du bien à notre été coincé entre deux variants et deux injections de vaccin. On claque les crampons d'impatience, en espérant qu'il prolonge le goût sans seum du ballon rond.