"Une 20e édition en ligne, envers et contre tout." En 2020, le Festival du Cinéma Méditerranéen de Bruxelles, ou Cinemamed, avait prévu de faire la fête. Et pour cause... Il s'agissait en effet de célébrer comme il se doit la 20e édition de cet incontournable événement cinéphile placé sous le signe de la découverte, du métissage et de la rencontre. Bien sûr, ce maudit coronavirus, cauchemar absolu des organisateurs de manifestations culturelles, en a décidé autrement. Implacablement remisés, du coup, le tapis rouge, les invitations, les bulles (les vraies, celles qui font plaisir, pas celles qui divisent) et les émotions partagées en masse vibrante... Mais qu'à cela ne tienne! Incapable de se résigner, l'équipe du festival s'est mobilisée afin de mettre malgré tout sur pied une édition certes virtuelle mais à part entière.
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"Une 20e édition en ligne, envers et contre tout." En 2020, le Festival du Cinéma Méditerranéen de Bruxelles, ou Cinemamed, avait prévu de faire la fête. Et pour cause... Il s'agissait en effet de célébrer comme il se doit la 20e édition de cet incontournable événement cinéphile placé sous le signe de la découverte, du métissage et de la rencontre. Bien sûr, ce maudit coronavirus, cauchemar absolu des organisateurs de manifestations culturelles, en a décidé autrement. Implacablement remisés, du coup, le tapis rouge, les invitations, les bulles (les vraies, celles qui font plaisir, pas celles qui divisent) et les émotions partagées en masse vibrante... Mais qu'à cela ne tienne! Incapable de se résigner, l'équipe du festival s'est mobilisée afin de mettre malgré tout sur pied une édition certes virtuelle mais à part entière. Du 26 novembre au 5 décembre, le 20e Cinemamed se tiendra donc exclusivement en ligne, avec une sélection de 39 films -longs ou courts métrages, documentaires ou de fiction- nous invitant à voyager de l'Espagne à la Turquie en passant par la Palestine et la Serbie. Très concrètement, les oeuvres sélectionnées seront disponibles en accès inédit sur la plateforme Sooner (www.sooner.be) durant toute la durée de l'événement. Le tarif par film reste identique à celui habituellement pratiqué en salle: six euros pour les fictions (deux euros seulement pour le film d'ouverture), quatre euros pour les documentaires, un euro pour les courts métrages. Une victoire de plus pour la culture de salon? Non, un simple cas de force majeure pour continuer à dire, même à distance, de canapé à canapé, l'importance vitale de la diversité des regards sur le monde offerte par le 7e art. En existant uniquement sur le Web, le festival doit malheureusement faire le deuil d'une série de titres prometteurs qu'il aurait dû épingler à son affiche cette année mais qui ne passeront hélas pas par la case Sooner avant leur sortie officielle au cinéma. C'est le cas notamment du très bon Rouge de Farid Bentoumi avec Zita Hanrot et Sami Bouajila, film social à l'intensité proche de celle d'un thriller passé par Deauville en septembre dernier et attendu, si tout va bien d'ici là, sur les grands écrans belges début 2021. C'est le cas également d'Ibrahim de Samir Guesmi avec la jeune Luàna Bajrami (Portrait de la jeune fille en feu), grand vainqueur du dernier Festival du Film Francophone d'Angoulême. Parmi d'autres. Mais ces longs métrages bénéficieront malgré tout du soutien et de l'accompagnement du Cinemamed au moment de leur sortie dans les salles belges. Ils laissent pour l'heure la place à des propositions peut-être plus confidentielles, mais aussi, parfois, plus inattendues, reliées par une thématique à dimension humaine, pour ne pas dire humaniste: celle des liens qui nous unissent. Soit, pour reprendre les mots des organisateurs eux-mêmes, "l'occasion de souligner l'extraordinaire capacité qu'a le cinéma méditerranéen à nous rassembler autour de récits universels, empreints d'humanité et d'espoir". C'est donc bien l'idée du lien comme moteur d'engagement au coeur même des relations familiales, amoureuses, amicales ou sociales qui guidera cette 20e édition. Tailor de Sonia Liza Kenterman, long métrage grec coproduit par la Belgique, ouvrira les hostilités sur le mode joyeux et solaire d'une fable poétique où de très prosaïques impératifs économiques poussent un tailleur aimant à s'inventer de nouveaux horizons. Les recettes de cette ouverture seront reversées à deux associations venant en aide aux travailleurs et aux travailleuses du milieu culturel en situation de précarité suite à l'arrêt complet du secteur: Feed the culture et le fonds Sparadrap. Une initiative solidaire qui résonne ouvertement avec l'esprit présidant au reste de la programmation proposée par la manifestation: ode à la sororité au coeur d'un pavillon psychiatrique de Casablanca avec Les Femmes du pavillon J de Mohamed Nadif, amour mère-fille célébré par-delà la maladie dans Asia de l'Israélienne Ruthy Pribar avec Shira Haas (vue dans la série Unorthodox), odyssée documentaire à la rencontre de l'héritage musical judéo-marocain avec Dans tes yeux, je vois mon pays de Kamal Hachkar, tentative de réintégration sociale de personnes atteintes de troubles mentaux dans Neighbors du Croate Tomislav 'aja, etc. Côté courts, on ne manquera pas Being My Mom, le premier film -muet- de la formidable comédienne italienne Jasmine Trinca (La meglio gioventù) avec Alba Rohrwacher. Mais il s'agit surtout de souligner encore les nombreux bonus exclusifs qui émailleront l'événement: débats live au cours desquels il sera possible d'interagir avec plusieurs cinéastes, cartes blanches diverses, voyage en Méditerranée au fil de podcasts contés, séances familiales avec les reprises des films d'animation L'Extraordinaire Voyage de Marona et Wardi, moment musical inédit et même recettes culinaires aux saveurs parfumées... Le Cinemamed se coupe en quatre pour se réinventer.