Canet: "Être rock'n'roll, c'est avoir le courage d'être ce qu'on a envie d'être"

22/02/17 à 09:30 - Mise à jour à 09:37

Source: Focus Vif

Guillaume Canet se met lui-même en scène dans une comédie pleine d'autodérision et de gags hilarants. Rencontre.

Il cogne le bois de la table par superstition d'usage, au moment d'évoquer la sortie d'un Rock'n Roll que la rumeur critique et populaire promet à un destin canon. À 43 ans, Guillaume Canet a déjà tout connu en matière de succès et d'insuccès. Lancé aux côtés de Leonardo DiCaprio dans The Beach en 2000, il subit le naufrage de Vidocq un an plus tard et en profita pour affirmer son désir de passer derrière la caméra. Applaudi pour son premier et remarquable long métrage (Mon idole, en 2002), il a vécu le triomphe du deuxième, Ne le dis à personne, qui lui valut de devenir, en 2006, le plus jeune réalisateur à remporter un César. Vint ensuite en 2010 l'agréable malentendu des Petits mouchoirs, gros carton commercial mais film (très) surestimé. Puis la descente en flammes d'une tentative américaine pourtant pas si nulle que ça. Le four tragique de Blood Ties, voici presque trois ans, Canet l'a pris comme une grande claque. Et ce d'autant plus que s'il fait toujours l'acteur, la réalisation a pris dans son esprit une place prépondérante. Déprimé, il ne pouvait que se remettre en question. Ce processus a engendré le désir d'un film où Guillaume se prendrait lui-même pour cible, et choisirait d'en rire. Une autofiction satirique, poussant le thème de la crise d'image à un paroxysme de délire inventif. Simplement titré Rock'n Roll, le film est une bombe, et un objet de jouissance partagée plus encore que de thérapie. Rodolphe Lauga, vieux complice de Canet et co-auteur du scénario, témoigne de cette dimension "sortie de crise": "Ce que Guillaume a traversé n'était vraiment pas drôle". Et de la libération qu'a constitué un projet "où il s'agissait pour lui de retrouver le plaisir d'écrire, à travers une suite de déconnades, de surenchères dans l'autodérision, où le but était d'aller le plus loin possible, plus encore que dans Mon idole où l'humour était déjà très grinçant. Il fallait des moments de gêne pour qu'il y ait encore plus de plaisir... Guillaume voulait réellement se foutre...

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