Critique | Séries/Télé

[à la télé ce soir] Philippe Geluck promène son chat

Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Une espèce de making of qui raconte le passage du crayon à la terre glaise, questionne la belgitude et l’humour dans l’art tout en brossant le portrait d’un artiste infatigable.

« Aucun être humain au monde ne s’est autant occupé d’une bête. 24 heures sur 24, il occupe mon esprit. Je réfléchis tout le temps à ce que je pourrais lui faire dire le lendemain. » On prétend parfois que les animaux de compagnie ressemblent à leur maître. Philippe Geluck ne fait qu’un avec le sien, le célèbre Chat apparu le 22 mars 1983 dans les colonnes du journal Le Soir. L’improbable félin a sa propre grand place (à Hotton), a été transformé en caramels et en chocolats et a même été exposé sur la plus belle avenue du monde. C’est du moins ce qu’en disent les Français. « Allons enfants de la patrie, mon jour de gloire est arrivé… » Avant de prendre la route d’une dizaine de villes européennes, puis de rejoindre des collections privées (les oeuvres ont été vendues pour financer l’ouverture en 2024 à Bruxelles d’un musée du chat et du dessin d’humour), l’exposition Le Chat déambule et ses 20 sculptures monumentales en bronze de la bête ont décoré les Champs-Élysées du 26 mars au 9 juin 2021. Rythmé par les commentaires de Geluck, de son épouse Dany, du journaliste et écrivain Claude Sérillon, de François Hollande, Amélie Nothomb ou encore d’Ernest Pignon-Ernest, le documentaire de Gérard Pullicino retrace le projet dingue d’une expo sur les Champs (30 ans après Botero). Une espèce de making of qui raconte le passage du crayon à la terre glaise, questionne la belgitude et l’humour dans l’art tout en brossant le portrait d’un artiste infatigable.

Documentaire de Gérard Pullicino. *** (7/10)

Vendredi 15/04, 22h35, La Une.

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