Du V&A de Londres à l'Akron Art Museum de Cleveland, de plus en plus de musées exposent du jeu vidéo, hors des sentiers battus du retrogaming. De l'autre côté de l'écran, des jeux comme The Last of Us Part 2 ou Skyrim détournent l'idée de parcours muséal à des fins narratives et ludiques. Ces visites numériques distillent parfois la mauvaise foi de la propagande dystopique comme dans BioShock. Très loin de ce malaise, le robot d'Astro's Playroom propose, lui, une visite guidée célébrant l'histoire du label de Sony. Un sujet d'expo, en parfaite résonance avec la fin annoncée de la console de papa. Exposant quatre générations de con...

Du V&A de Londres à l'Akron Art Museum de Cleveland, de plus en plus de musées exposent du jeu vidéo, hors des sentiers battus du retrogaming. De l'autre côté de l'écran, des jeux comme The Last of Us Part 2 ou Skyrim détournent l'idée de parcours muséal à des fins narratives et ludiques. Ces visites numériques distillent parfois la mauvaise foi de la propagande dystopique comme dans BioShock. Très loin de ce malaise, le robot d'Astro's Playroom propose, lui, une visite guidée célébrant l'histoire du label de Sony. Un sujet d'expo, en parfaite résonance avec la fin annoncée de la console de papa. Exposant quatre générations de consoles, d'interfaces, d'accessoires loufoques et de jeux, Astro's Playroom a d'abord été développé pour valoriser la nouvelle manette Dual Sense de la PlayStation 5. Entre sauts périlleux, frappe d'adversaires et mini jeux d'arcade, sa grammaire ludique très classique -rassurante- y parvient avec talent. Le jeu de plateforme 3D offert avec la console se double en outre d'une réalisation visuelle faisant honneur à la nouvelle génération. Prairie de la Ram, jungle du GPU, circuit SSD (trafic de données)... Les niveaux plantés dans les entrailles de la PlayStation 5 se parent ici de textures haut de gamme et d'animations sans failles. Ou comment réinterpréter aimablement Tron. Premier effet bluffant de la manette Dual Sense, ses vibrations (à retour haptique) donnent notamment l'illusion de toucher de vraies surfaces. De la lame d'un patin sur la glace à une balade dans la boue, on perçoit diverses textures via des microtremblements épatants. Mention spéciale à ce moment où, blotti sous un parapluie, on sent littéralement des gouttes de pluie se changer en grêle. Le retour de force adaptatif des (grosses) gâchettes de la Dual Sense s'impose comme la seconde réussite de Sony. Ces dernières varient ainsi leur niveau de résistance et donnent la sensation de bander un ressort ou un arc à flèche. Très instinctivement, on arrive aussi à ne pas trop exercer de pression avec les doigts sur une prise d'escalade friable. Magique: écraser au creux de la main une canette ou une sphère, varie les sensations matérielles de résistance. Une première dans un jeu vidéo. Astro's Playroom démontre donc en profondeur le potentiel de la nouvelle Dual Sense. Contre toute attente, son parcours aux airs de musée fait aussi preuve d'une richesse inouïe. Jalonnant le parcours du joueur, ses décors reproduisent ainsi des scènes de dizaines de jeux cultes comme Wipe Out, Jumping Flash!, Heavy Rain et même Vib-Ribbon. Des interfaces inattendues comme le lecteur CD de la première PlayStation sont également mises en scène avec doigté. Clou de la visite, des accessoires oubliés comme l'écran portable de la PlayStation 1 ou le module GPS de la PSP s'empilent comme autant de bonus à dénicher comme des oeufs de Pâques. Le cloud gaming et le jeu vidéo à volonté des next-gen annoncent l'imminente disparition des consoles de jeux. Astro's Playroom leur lance un dernier au revoir saisissant.