Dans la tête de Matt Kindt (interview exclusive)

Olivier Van Vaerenbergh
Olivier Van Vaerenbergh Journaliste livres & BD

Voilà enfin la première partie de MIND MGMT, qui a fait de l’auteur américain un incontournable du comics. Un récit d’espionnage et de manipulations mentales qui multiplie les fils narratifs et les références pop. Fun et brillant.

Meru Marlow se réveille dans son appartement. Les temps sont durs: plus rien dans le frigo, l’eau coupée, les factures qui s’entassent. Cette journaliste indépendante ferait bien de se trouver un nouveau sujet d’investigation, peut-être pour un livre. Or voilà que sa télé diffuse un énième reportage sur le fameux vol 815, un vol au cours duquel tous les passagers sont mystérieusement devenus amnésiques… sauf un, Henry Lyme, qui a, lui, tout simplement disparu (il est monté dedans mais n’en est jamais sorti). Lyme a tout de même laissé d’étranges et très minces indices derrière lui, comme un fil que Meru se met à tirer… Jusqu’à découvrir -du moins le croit-elle- l’existence d’une agence gouvernementale secrète baptisée MIND MGMT, comme « Mind Management » ou « Gestion de l’esprit », spécialisée dans les manipulations psychiques et la production de fake news à très, très, très grande échelle… Et pour cause, ses agents, formés dès leur jeunesse dans l’étrange base de Shangri-La, ont développé des capacités mentales plus étonnantes les unes que les autres. On trouve là « le Futuriste », capable de lire instantanément et simultanément l’esprit de toutes créatures vivantes dans un rayon de huit kilomètres « et ainsi, véritablement prédire l’avenir« ; « le Publicitaire », dont les publicités génèrent des pensées virales, lavent le cerveau de ses lecteurs et permettent au MIND MGMT de « diffuser des articles uniquement lisibles par ses agents. Les possibilités en termes de propagande étaient sans limite« , sans oublier « le Sniper », « Hercule », « l’Animaliste » ou « l’Archiviste », autant d’agents et de pouvoirs mentaux capables de manipuler, tromper et influencer quasiment le monde entier. Et bien sûr Meru qui, au bout du deuxième comics formant MIND MGMT (constitué au total de 35 « épisodes »), semble avoir tout compris et résolu. Tout? Non: elle se réveille soudain dans son appartement. Plus rien dans le frigo, eau coupée, factures qui s’entassent. Elle ferait bien de se trouver un nouveau sujet d’investigation, peut-être pour un livre. Or voilà que sa télé diffuse un énième reportage sur le fameux vol 815… Le tout a pour elle un petit air de « déjà-vu », même si elle ne se rappelle de rien. Bienvenue dans le premier tome en français de MIND MGMT, lequel vous obligera à garder un principe à l’esprit: détendez-vous, mais ne vous fiez surtout pas aux apparences.

Dans la tête de Matt Kindt (interview exclusive)

L’avant et l’après

Une quête de vérité à travers le globe, du Missouri à Zanzibar, mieux qu’Indiana Jones, un action comics où des tueurs apparemment immortels pourchassent sans pitié les héros, pire qu’avec Jason Bourne, des manipulations mentales dignes des extraterrestres d’ Invasion Los Angeles et un jeu permanent entre le rêve et la réalité digne d’ Inception, le tout emballé dans un livre aux allures de (gros) dossier secret, pour un  » usage officiel uniquement » constitué des récits de Meru, d’extraits de fiches d’identité, d’extraits historiques, de collages et de multiples sous-textes graphiques et narratifs: Matt Kindt avait raison de nous expliquer il y a deux ans qu’il avait  » absolument tout mis » de lui dans ce MIND MGMT, et  » qu’il y a eu, définitivement, un avant et un après cette série, aussi bien d’un point de vue créatif que purement professionnel ». « C’est lui qui m’a ouvert la porte des grands studios, et a défini en grande partie mon univers. » Un univers riche et complexe: il aura fallu plus de cinq ans au très classieux éditeur Monsieur Toussaint Louverture pour achever l’adaptation et la traduction de ce gros livre-objet, premier d’une trilogie, là où MIND MGMT avait été publié de 2012 à 2015 aux États-Unis à travers 35 comics distincts. Matt Kindt n’était certes déjà plus un inconnu: hyperactif dans le fanzinat et l’auto-édition dès 1990, cet originaire de New York, désormais basé à Saint-Louis, Missouri, avait déjà imposé son style graphique étonnant et extrêmement personnel et son génie du storytelling dans de nombreux comics, allant jusqu’à épauler Alan Moore en 2007 sur son Lost Girls. Mais ce sont bien le succès et les multiples qualités de MIND MGMT qui lui ont ouvert les portes des grands studios comme Marvel ou DC. Il en est devenu un des grands pourvoyeurs dans de multiples franchises, de Wolverine à The Valiant en passant par Star Wars, lui laissant toute liberté créative et financière sur ses projets personnels, tenant toujours d’un même sillon et toujours ambitieux ( lire nos encadrés),  » mais jamais je n’avais ressenti un tel déclic qu’avec MIND MGMT . En réalité, le nom n’est pas de moi: je l’ai trouvé dans le roman d’espionnage d’un ami qui y imaginait une véritable école d’espions et dans celle-ci, il y avait un cours de Mind Managment. Rien que le terme m’a frappé. Vraiment frappé. J’ai tout de suite demandé à mon ami si je pouvais lui « voler » l’expression, et je me suis lancé, frénétiquement. Je savais que je pouvais tout y mettre, toutes mes obsessions: la manipulation des esprits, la manipulation des masses, des espions, des dauphins qui parlent, les décalages entre l’image et la voix off, du collage, et surtout, mettre en place un jeu permanent avec le lecteur, qui ne doit jamais savoir s’il approche, ou pas, de la vérité, du dénouement. J’aime les livres où, une fois arrivé à la fin, on comprend qu’on a manqué quelque chose, qu’on va devoir le relire, s’y replonger: je n’aime pas les livres qui durent le temps d’un déjeuner. »

Dans la tête de Matt Kindt (interview exclusive)
© MATT KINDT

Cette exigence dans la structure, le contenu complexe de ses récits et l’utilisation du médium au maximum de ses capacités et de son potentiel, Matt Kindt l’imprime aussi dans les projets d’adaptation qui entourent ses créations: outre un projet d’adaptation toujours en cours pour L’Histoire secrète du géant, un de ses premiers récits graphiques, le MIND MGMT, optionné par Hollywood dès sa sortie US, en fait fantasmer plus d’un, surtout depuis que le format séries s’est imposé partout; des stars comme Ridley Scott, J.J. Abrams ou David E. Kelley et des studios comme 20th Century Fox y travaillent ou y ont travaillé depuis des années, sans jusqu’ici convaincre son auteur de lâcher son feu vert: « Je ne veux pas qu’ils cassent tout et je veux qu’ils fassent quelque chose qui exploite à fond le médium choisi, comme je le fais pour mes comics. » En attendant la série, on peut donc désormais se ruer sur les livres: MIND MGMT est sorti quelques jours avant le confinement, mais est également désormais disponible en version numérique, sur la plateforme Izneo. Le prochain volume est, lui, attendu en septembre.

MIND MGMT (1/3), de Matt Kindt, Éditions Monsieur Toussaint Louverture, 352 pages. ****(*)

« Ce que j’ai écrit qui s’avère ici plus pertinent à chaque jour qui passe »

Interview exclusive.

Matt Kindt
Matt Kindt© BAMBOO

Commençons par le début: vous avez expliqué que l’idée vous est venue en lisant un roman d’espionnage d’un ami, où apparaissait ce terme de « MIND MGMT ». Quel était ce livre et comment a-t-il tilté dans votre esprit?

C’est un livre non publié qui s’appelle Klein Klomtenschmidt, à propos d’un super espion très empoté, très drôle, et qui se cherche d’ailleurs toujours un éditeur. J’ai aimé le son de ces mots et leur allitération. Et c’était si évocateur – ça m’a tout de suite fait penser à plein de « contrôles de l’esprit » possibles: agir sur les animaux, s’entraîner à l’immortalité, agir sur l’inconscient des gens, etc. Plein de choses qui ont fini par devenir ce MIND MGMT.

Lorsque nous nous sommes rencontrés il y a deux ans pour l’édition française de Red Handed (Du Sang sur les mains), vous m’aviez cité le Dick Tracy de Chester Gould comme l’une de vos grandes références. Est-ce le cas ici encore? Ou d’autres comics vont ont influencé pour MIND MGMT?

Je dirais que la seule véritable influence pour ce livre aura été Feu pâle de Vladimir Nabokov (un roman publié en 1962 composé d’un poème de 999 vers et de leurs commentaires, cité comme un exemple parfait de métafiction, NDLR), pour cette idée de raconter une histoire tout en jouant avec la structure narrative et les mille manières de la raconter. Je voulais faire quelque chose comme ça en bande dessinée. Je ne voulais avoir aucune autre influence pour MIND MGMT – parce que je voulais délibérément tenter des choses qui n’avaient jamais été tentées jusque là en BD. Voir jusqu’où je pouvais aller avec le médium, dans de nouveaux territoires. Par contre, il y a des clins d’oeil; à Lost et à Twin Peaks par exemple. Je crois que Twin Peaks et Le Prisonnier ont été mes pierres angulaires en termes de séries télé. Mais en réalité, quand j’étais plus jeune, j’ai fait beaucoup de recherches historiques, et j’étais fan de beaucoup de théories complotistes. Mais en vieillissant, j’ai commencé à comprendre que le monde était bien trop chaotique pour qu’une organisation, quelle qu’elle soit, puisse avoir un vrai contrôle sur la manière dont vont les choses. Par contre j’ai toujours pensé que ce serait fun d’écrire une histoire dans laquelle peut-être… peut-être tout ne serait que conspiration! Même les pubs que vous voyez à la télé ou les bouquins que vous lisez.

J’ai vu beaucoup de points communs entre Du sang sur les mains et ce MIND MGMT, bien qu’ils tiennent de genres différents: la structure des récits, ce goût pour les scripts en puzzle, ce travail sur les collages ou les décalages entre texte et image… Lequel a précédé l’autre?

J’ai écrit et dessiné Du Sang… d’abord, mais je me suis toujours intéressé aux formes et aux codes de la narration graphique. 2 Sisters (2 Soeurs, édité en 2005 chez Rackham, NDLR) a été le premier livre dans lequel j’ai commencé à jouer avec toutes les potentialités du médium bande dessinée: la couverture et le dos de couverture formaient vraiment les première et dernière pages du récit, un récit dans lequel chaque planche elle-même devait être une histoire en soi. Super Spy et Du Sang… ont été les prolongations de ces principes. Comment l’histoire est racontée me semble aussi important que l’histoire en elle-même – et doit même en dire beaucoup sur ce que l’histoire raconte!

Le livre est un formidable divertissement, mais aussi une charge politique très forte sur l’état de notre monde et des États-Unis, sur les dérives de nos sociétés de consommation; les publicitaires et responsables marketing ont dû adorer les « super pouvoirs » que vous avez inventés pour vos agents secrets – leur rêve!

Oui. Mais je pense que je suis sans doute aussi une des personnes les plus impressionnables du monde. Si je lis un livre qui mentionne des pâtes, j’aurai envie de pâtes ensuite. Je me souviens de tous les jingles de pub des années 80 et 90 quand j’étais gamin, ils se sont incrustés dans ma tête avec une puissance incroyable – c’était il y a 30 ans! Je n’arrive pas à me les enlever de la tête. Et le pouvoir des médias est plus invasif que jamais aujourd’hui.

Vous avez entamé la publication de MIND MGMT en 2012, il y a huit ans. Et depuis, les « fake news » sont devenues une banalité… Êtes-vous surpris par une telle évolution, cette idée que « la vérité » est devenue une notion très relative? On pourrait aussi penser que des agents du MIND MGMT nous entourent désormais: Cambridge Analytica par exemple (société qui a largement influencé le vote sur le Brexit en Angleterre, via l’utilisation de données numériques, NDLR), pourrait tout à fait être l’une de ses officines, non?

Complètement. Je n’avais jamais rien écrit qui s’avère comme ici plus pertinent à chaque jour qui passe. L’idée de se battre pour « une » vérité – quelque chose qui semblait un peu plus abstrait quand j’écrivais le livre – semble être devenue aujourd’hui la chose la plus importante du monde.

Vous avez expliqué qu’il y a eu, pour vous, un avant et après MIND MGMT, tant artistiquement que professionnellement. C’est à dire?

C’est le premier livre qui m’a permis de ne pas m’inquiéter de ce qui viendra après: comment vais-je payer mes factures? Comment vais-je faire pour que le prochain se vende bien? Il m’a vraiment permis de m’enlever tout ce stress, et de me consacrer à l’écriture et au dessin toute la journée sans me soucier du reste. Mais j’ai aussi pu mettre tout ce que j’avais dans ces livres-là au bon moment, au bon âge, et au maximum de mon énergie. J’ai encore plus de compétences et d’idées aujourd’hui, mais niveau énergie… je sens que je décline. Une BD me demande beaucoup, beaucoup d’énergie. Je sens que je ralentis un peu, mais c’est bien aussi. Ça fait du bien de pouvoir prendre un peu son temps, de travailler d’abord parce qu’on le veut.

L’édition française de MIND MGMT est très différente de l’édition US: une trilogie et de beaux gros livres d’un côté, 36 comics « classiques » de l’autre… Deux visions très différentes du livre et de l’édition! Laquelle préférez-vous?

Je pense que c’était vraiment important que MIND MGMT sorte d’abord sous la forme d’un fascicule de comic book – j’ai désigné toute la série pour qu’elle fonctionne à ce format, avec ce rythme, et pour être lue une fois par mois pendant trois ans. Je l’ai vraiment voulu comme ça, je l’ai presque vécu comme une performance live unique, et qui n’arrivera plus. Je suis donc très content avec ces nouvelles éditions, on a travaillé dessus de manière très proche sur le design général et sur les couvertures, presque aussi importants que l’histoire en elle-même. J’ai refait les illustrations de couvertures, et j’en ai refait une bonne centaine avant d’obtenir le bon feeling, le bon look, quelque chose entre le calcul et l’urgence.

Qu’en est-il de son adaptation en série télévisée? Tout le monde s’accorde pour y voir « the next big thing » en la matière, si elle finit par se concrétiser. Où en êtes-vous?

Je travaille dessus pour le moment justement. Et il m’importe beaucoup que ce ne soit pas juste une répétition des comics. J’ai besoin de pousser le média TV aussi loin que j’aie pu pousser le média bande dessinée. Je veux faire des choses en télévision qui n’ont pas été faites avant. Raconter la même histoire, mais d’une manière qui ne pourra exister qu’en série, comme les livres MIND MGMT ne peuvent exister qu’en livres. Donc pour l’instant, je m’amuse beaucoup et je travaille avec un studio et d’autres créatifs qui partagent cette intention.

Une dernière question sur la situation actuelle et les confinements dus au Covid-19: votre livre est sorti en France et en Belgique quelques jours à peine avant la fermeture des libraires, vous deviez l’accompagner… Qu’en est-il?

J’étais censé être en Europe la première semaine d’avril, mais mes vols ont tous été annulés. Sans ça, j’aurais été coincé en France pour toute la durée du confinement, ce qui en temps normal aurait été comme un rêve! Mais j’ai de la chance, je suis chez moi au Missouri avec ma femme et ma fille.

Cette pandémie vous interpelle? Parvenir à confiner chez elle un tiers de l’humanité en quelques semaines, c’est encore plus fort qu’une opération du MIND MGMT! Sans parler des résonances qu’on peut voir entre votre livre et la situation, cette idée d’une société entièrement sous contrôle…

C’est sûr, le moment est intéressant! Du moins tant qu’il ne me touche pas directement, et je ne connais encore personne qui aurait contracté le virus. Il a en tout cas amené ici aux États-Unis beaucoup de débats intéressants autour des libertés individuelles, face au bien commun d’une plus large population. Personnellement, je pense qu’il n’y a pas de liberté individuelle si elle se fait aux dépens d’un autre être humain. C’est presque la thématique de tous mes livres: prenez du plaisir. Faites du bien. Et aidez ceux qui vous entourent.

Invasion Los Angeles
Invasion Los Angeles

Pop Culture

On l’a dit et lui le premier, Matt Kindt puise dans tous les genres et dans tous les codes de l’entertainment pour construire ses récits labyrinthiques. Comics, films, séries… aucune référence ou bonne idée ne lui échappe, qu’il digère, réinvente et distille dans ses récits, et en particulier dans ce MIND MGMT. Niveau comics, le Dick Tracy de Chester Gould reste sa madeleine et sa plus grande référence -du hard boiled mâtiné de fantastique et de super-vilains « différents »- mais les comics Marvel ou DC ne sont jamais très loin: Matt Kindt a d’ailleurs depuis scénarisé des épisodes de Wolverine et des X-Men. Rien d’étonnant: dans MIND MGMT, on retrouve ce concept de super-soldats manipulés et augmentés, sans oublier ses propres « mutants » que sont les agents du MIND MGMT. Matt Kindt a aussi consommé beaucoup de cinéma mêlant manipulations, jeux temporels et paranoïa, de la série des Jason Bourne (un super agent qui ne sait pas qu’il l’est, plein de trous de mémoire) à Inception (un rêve dans le rêve dans le rêve) en passant par le cultissime Invasion Los Angeles de John Carpenter: on retrouve dans MIND MGMT ces messages subliminaux cachés dans les publicités et les objets de consommation. L’univers des séries télé n’est évidemment pas en reste -on y attend d’ailleurs de pied ferme l’adaptation de son comics. Là aussi, Matt Kindt multiplie les clins d’oeil discrets voire les hommages appuyés, tel ce vol 815 dont les passagers sont devenus amnésiques et pierre angulaire de son récit: il porte le même numéro que l’avion de la série Lost, dont tous les passagers se retrouvent sur une île très zarbi. Damon Lindelof, cocréateur de cette série-phare des années 2000, signe d’ailleurs la brève intro de MIND MGMT: « Bouclez votre ceinture. Ça va vous retourner le cerveau. »

L’univers Matt Kindt

Dans la tête de Matt Kindt (interview exclusive)

L’Histoire secrète du géant (2011, éditions Futuropolis)

Deuxième récit à nous être parvenu après son Super Spy en 2008, L’Histoire secrète du géant relate la biographie « officielle » de l’agent de la CIA Craig Pressgang, mystérieusement disparu mais dont le principal atout consistait à faire… la taille d’un immeuble de trois étages. Une particularité physique spectaculaire et un récit déjà rempli de manipulations gouvernementales et narratives, raconté respectivement par sa mère, son épouse et sa fille. L’adaptation cinéma est régulièrement relancée.

Dans la tête de Matt Kindt (interview exclusive)

Du sang sur les mains (018, éditions Monsieur Toussaint Louverture)

Édité en français il y a deux ans, mais conçu et publié aux USA alors que Matt Kindt entamait les 35 tomes de MIND MGMT, cet hommage appuyé et déjà brillant aux polars et au hard boiled multiplie de fait les points communs avec son récit d’espionnage: structure du récit, double voire triple narration en puzzle, collages, sophistication, personnages hors normes… Et toujours ce goût pour la manipulation, les chausse-trappes et les poupées russes.

Dans la tête de Matt Kindt (interview exclusive)

Dept H. (2018, éditions Futuropolis)

Édité deux ans plus tôt chez Dark Horse Comics en 24 comics distincts, cet étouffant thriller abyssal a fait ici l’objet de quatre tomes tout aussi époumonants, puisque Matt Kindt y réinvente le thriller en huis clos, et ce avec un meurtre commis dans une base sous-marine coincée à 9 000 mètres de profondeur. Et dedans, sept membres d’équipage qui ont tous une double vie, et encore plus de mobiles. Entre Alien et The Abyss, et déconseillé aux claustrophobes.

Dans la tête de Matt Kindt (interview exclusive)

Black Badge (2020, éditions Futuropolis)

Sorti dans les mêmes eaux que MIND MGMT, juste avant le confinement, Black Badge fait partie des collaborations qu’il mène avec le dessinateur Tyler Jenkins, comme ce fut le cas dans la trilogie Grass Kings l’année dernière. Conçu cette fois en un seul tome, Black Badge narre les mésaventures, entre humour et horreur, de troupes de scouts vraiment pas comme les autres, chargées de missions secrètes et sanglantes de par le monde et, comme souvent chez Matt Kindt, manipulées par leurs commanditaires.

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