La série signée Jérémy Strohm, un ancien du Studio Bagel, débarque, à la suite de Fluide et de 18h30, sur un trio de supports de la chaîne franco-allemande: sa plateforme Arte.tv, sa chaîne YouTube et son compte Instagram Arte à suivre (@arte_asuivre). Gilles Vandeweerd y incarne Simon, marcheur nocturne, dormeur interlope et halluciné pris dans une affaire de disparition et de meurtre au coeur des vignes alsaciennes.
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La série signée Jérémy Strohm, un ancien du Studio Bagel, débarque, à la suite de Fluide et de 18h30, sur un trio de supports de la chaîne franco-allemande: sa plateforme Arte.tv, sa chaîne YouTube et son compte Instagram Arte à suivre (@arte_asuivre). Gilles Vandeweerd y incarne Simon, marcheur nocturne, dormeur interlope et halluciné pris dans une affaire de disparition et de meurtre au coeur des vignes alsaciennes. Simon se réveille en caleçon dans une tombe à ciel ouvert, tout juste creusée dans un cimetière au milieu d'une forêt. Errant aux premières lueurs pour retrouver son chemin, il surprend une violente altercation entre deux gros bras et un agriculteur et s'enfuit. Lorsqu'il va en rendre compte à la police de la petite bourgade de Westheim, où il vit avec sa maman viticultrice, le trentenaire lunaire fait la connaissance de la jeune inspectrice Norah. Elle ne compte plus, depuis le matin, les étranges phénomènes rapportés par les habitants. Son enquête amoncelle les soupçons comme autant de nuages sur la personne du somnambule, pris dans des réveils de plus en plus traumatiques. Pour s'en sortir, Simon va devoir choisir: affronter le réel, son passé ou fuir dans l'imaginaire et le rêve. Plus Simon s'enfonce dans cette faille qui le sépare du monde, plus les lumières s'estompent, la fantaisie et l'innocence s'évaporent, les espaces et les angles se restreignent, l'image troque la magie drolatique pour l'air cru. En fait, tout a l'air trop petit pour Simon: ses nuits, cette chambre d'ado dans laquelle il dort toujours, sa mobylette et son costume de travail, la réalité dans son ensemble. Gilles Vandeweerd assure cette partition échevelée dans un registre inquiet, avec des poches aussi vastes qu'un terrain de foot sous ses yeux exorbités et cet air de drôle d'oiseau à peine sorti de l'oeuf. Tous les soirs, il s'endort devant de vieux épisodes d'Inspecteur Meyer, spécimen de la série allemande des années 90 gavée de codes US et imaginée dans le récit comme refuge de ses névroses et source d'une secrète et double identité. Pas facile de mener un tel programme sur six épisodes de douze minutes. Mais les creux du scénario sont comblés par la présence de personnages peu communs, où se distinguent Jaimie (Holly-Rose Clegg), amour de jeunesse de Simon, et surtout la flic Norah, que Marion Morel ajuste à merveille. Le Somnambuliste réunit surtout un trombinoscope de tronches et de profils atypiques banalisés, et des ambiances loufoques étrangement composées, savamment éclairées, qui forment un étonnant moodboard empruntant tout autant à Fargo qu'à P'tit Quinquin.