Tirzah

Un jour, il faudra construire une statue en l'honneur de Mica Levi. Depuis la sortie il y a dix ans du premier Micachu and the Shapes (Jewellery), la chanteuse et multi instrumentiste du Surrey a enregistré des musiques de film (Under The Skin, Jackie), composé pour l'Orchestre Philharmonique de Londres et servi d'exemple à tout un pan de la jeune scène rock et Do It Yourself anglaise. Levi a aussi accessoirement aidé Tirzah à accoucher de Devotion. Son remarquable et envoûtant premier album. Tirzah ne serait d'ailleurs pas tant Tazir Mastin, cette jeune fille timide qui chante avec les mains dans le dos, qu'une créature bicéphale. Accompagné de Coby Sey, le tandem déjà passé par les dernières Nuits Botanique semblait un peu perdu dans la Petite Maison dans la prairie (8500 places). Minimaliste et intime, à la croisée du trip hop, de la soul, du r'n'b, Tirzah a un petit côté Dean Blunt au féminin. Martina Topley-Bird ressuscitée (pensée pour Tricky et son Maxinquaye). Une artiste à écouter dans l'intimité de la nuit plus qu'à voir de jour sur les podiums d'un festival. J.B.

Battles © Olivier Donnet

Battles

La première fois qu'on a croisé Battles à Dour, c'était en 2006. John Stanier (Helmet, Tomahawk), Ian Williams (Don Caballero) et Dave Konopka (Lynx) n'avaient pas encore sorti d'album et étaient toujours flanqués de Tyondai Braxton. En 2012, le fils d'Anthony s'était taillé et Battles utilisait des bandes pour faire chanter les invités de son disque (Mathias Aguayo, Gary Numan, Kazu Makino...). Aujourd'hui, Stanier et Williams sont les seuls rescapés. À se demander si Battles ne terminera pas en mode one-man-band. "Tous ceux qui écoutent notre musique savent que chaque étape de notre évolution a été différente. Nous n'avons jamais été un groupe qui répète une formule. Les nouvelles situations sont autant d'opportunités de faire de nouvelles choses." On lui laisse le bénéfice du doute mais loin des expérimentations et des dérapages qui étaient les siens, le concert de samedi n'avait franchement rien d'inoubliable. J.B.

The Brums © Michi-Hiro Tamaï

The Brums

L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Programmés en ouverture de la quatrième journée de Dour, The Brums assurait le sien en explorant le jazz du futur. Ces Liégeois gravitant entre abstract hip hop, electro et free se hissaient sans peine parmi les meilleures révélations du festival. Cousins de Battles, Shabaka Hutchings et La Jungle (énorme la veille, au soir), le quartet alignait des dialogues entre samples 90's et divers cuivres, live. Après un passage remarqué au Cinquentenaire pour la Fête de la musique le mois dernier, le combo confirmait son essai bruxellois. Une claque électronique et acoustique à écouter d'urgence ici. M.-H.T.