Vous avez contribué à plusieurs projets architecturaux, quelle est la collaboration qui vous a marqué?

Mon travail avec le bureau Maurer United Architects. Tout particulièrement le concept hôtelier "Lucy in The Sky". Il s'agit de micro-habitations qui peuvent être louées par des particuliers. Cette expérience a pris place dans la petite ville néerlandaise de Deventer. Ce qui est très intéressant pour moi dans ce projet, c'est que l'architecture fait un pas du côté de la sculpture. J'ai également collaboré avec Heren 5 Architecten sur un énorme édifice à Haarlem. J'ai imaginé un motif particulier de briques à même la façade.

L'idée d'une rétrospective ne vous a-t-elle pas effrayé lorsqu'on vous l'a proposée?

Au départ, oui. C'est pour cela que j'ai immédiatement décidé de ne pas entrer dans une logique chronologique. L'ordre dans lequel les choses apparaissent n'a jamais eu d'importance pour moi. Il était donc normal que je décide de secouer tout cela. Imaginer de grandes installations qui allaient charrier des bribes de mon oeuvre a été la meilleure parade que j'ai pu opposer à une ligne du temps mortifère.

Il est étonnant de constater que vous continuez à taguer des trains...

C'est une discipline que je m'impose. Je vais même jusqu'à m'en fixer un certain nombre par an. Il faut comparer cela à un sportif qui fait des pompes. Ce qui a changé, c'est que j'essaie aujourd'hui de laisser apparentes les plaques d'identification des wagons. De cette façon mon travail n'est pas effacé. C'est une manière de m'inscrire dans le temps. Cela dit, en ce moment, une de mes sculptures se trouve dans la gare du Midi. La situation est un peu schizophrène, d'un côté la clandestinité, de l'autre le tapis rouge.

M.V.