"Aporia"

Sufjan Stevens traîne l'image d'un héros folk, sorte de Pierrot lunaire de l'Americana indie (les albums Michigan, Illinois ou même Carrie & Lowell), il n'a cessé de multiplier les chemins de traverse. A fortiori ces dernières années, qui l'ont vu collaborer par exemple à la BO du ballet The Decalogue, ou au proj...

Sufjan Stevens traîne l'image d'un héros folk, sorte de Pierrot lunaire de l'Americana indie (les albums Michigan, Illinois ou même Carrie & Lowell), il n'a cessé de multiplier les chemins de traverse. A fortiori ces dernières années, qui l'ont vu collaborer par exemple à la BO du ballet The Decalogue, ou au projet Planetarium, disque collectif autour du système solaire (dont la tournure électronique pouvait rappeler The Age of Adz, sur lequel Stevens avait déjà flirté avec des sons plus synthétiques). Aporia est un nouveau pas de côté. Et autant l'écrire tout de suite, il devrait laisser de marbre les fans de Casimir Pulaski Day et autres morceaux de bravoure folk du même calibre. Sufjan Stevens a travaillé cette fois en duo avec son beau-père, Lowell Brams, qu'il connaît depuis à peu près toujours, et avec qui il a d'ailleurs fondé le label Asthmatic Kitty. C'est parce que Brams se retire justement aujourd'hui des affaires, qu'ils ont décidé d'enregistrer une série de morceaux rien qu'à deux, sur base de jams très libres. Le parti pris? Celui d'un album impressionniste, aux visées ambient, voire carrément new age. Au cours de leurs sessions d'improvisation, ils ont ainsi enchaîné les nappes et les textures planantes, pour n'en garder que les moments les plus "magiques". Soit 21 morceaux enchaînés en 42 minutes. Avec en effet quelques passages intéressants, mais aussi, le plus souvent, des titres qui ne sonnent au mieux que comme des ébauches, au pire comme des exercices de style un poil complaisants.