MEILLEURE SÉRIE DRAMATIQUE: BREAKING BAD Emmys et Golden Globes, la réconciliation?

En consacrant tous les deux Breaking Bad pour la première fois (en l'occurrence pour l'incroyable première partie de la saison 5), les deux plus grandes cérémonies dédiées aux séries ont consacré l'évidence de ces deux dernières années. House of Cards peut éventuellement râler un peu, mais Downton Abbey, Masters of Sex et The Good Wife, les autres nominés des Globes, ne jouaient pas dans la même catégorie. Rappelons que les Emmys Awards, proposés en septembre, prennent en considération une période allant du 1er juin au 31 mai, tandis que les Golden Globes s'appuient sur l'année civile comme critère d'élégibilité. Un peu comme le Footballeur pro de l'année et le Soulier d'Or pour le ballon rond.
...

En consacrant tous les deux Breaking Bad pour la première fois (en l'occurrence pour l'incroyable première partie de la saison 5), les deux plus grandes cérémonies dédiées aux séries ont consacré l'évidence de ces deux dernières années. House of Cards peut éventuellement râler un peu, mais Downton Abbey, Masters of Sex et The Good Wife, les autres nominés des Globes, ne jouaient pas dans la même catégorie. Rappelons que les Emmys Awards, proposés en septembre, prennent en considération une période allant du 1er juin au 31 mai, tandis que les Golden Globes s'appuient sur l'année civile comme critère d'élégibilité. Un peu comme le Footballeur pro de l'année et le Soulier d'Or pour le ballon rond. On a un doute. Un gros doute même si l'acteur, déjà récompensé par quatre Emmy Awards (l'équivalent des Oscars de la télé) et par bien d'autres prix pour sa formidable interprétation de Walter White, a probablement toujours laissé une petite place de libre pour un Golden Globe. De fait, en remportant enfin la mise cette fois-ci, Cranston a non seulement corrigé une injustice, mais a surtout mis fin à la douteuse hégémonie de Damian Lewis, le Nicholas Brody de la surévaluée Homeland. Complètement oublié, Steve Buscemi, toujours impeccable dans la passionnante Boardwalk Empire, devra probablement attendre la fin des aventures de Nucky Thompson pour être à nouveau récompensé. Pas forcément. Parce que Kevin comprend probablement fort bien que Bryan Cranston lui ait été préféré comme meilleur acteur. Robin Wright, effectivement impeccable dans House of Cards, avait clairement moins de concurrence. Elle permet néanmoins à l'opérateur Netflix, ultra-représenté dans les nominations, de sauver la mise en remportant un trophée majeur. House of Cards, dont la deuxième saison sortira le 14 février, était déjà rentrée des Emmys avec une seule statuette sous le bras (David Fincher, pour la réalisation du pilote). Clairement, c'est la grosse surprise de ces Golden Globes, souvent considérés comme plus inattendus, voire carrément plus foufous que les Emmys dans leurs choix. La preuve encore avec cette série Fox lancée en septembre dernier, qui nous mène de manière assez drôle sur les traces d'une équipe de police new-yorkaise. Pas forcément hilarant, mais tout à fait regardable, Brooklyn Nine Nine n'est autre que le nouveau projet de Michael Schur (avec Dan Goor), l'un des créateurs de l'ultra sous-estimée Parks & Recreation, assurément l'une des séries les plus drôles de ce début de siècle. On se consolera donc un peu de voir ce nouveau projet récompensé, même s'il serait largement temps que les aventures de Leslie Knope à Pawnee jouissent du crédit qu'elles méritent. Si vous ne connaissez pas Andy Samberg, le héros de Brooklyn Nine Nine (qui a décidément tapé dans l'oeil du jury), reportez-vous sur YouTube. Tapez Samberg Timberlake dans le mode de recherche et rappelez-vous de la mémorable My dick in a box, chanson dans laquelle l'humoriste et le chanteur offraient en présent leur viril instrument. Au même titre qu'Amy Poelher et tant d'autres avant eux (de Bill Murray à Chris Rock, en passant par Louis CK, Mike Myers, Adam Sandler, Tina Fey ou Kristen Wiig, sans oublier évidemment Will Ferrell), Samberg a donc fait les beaux jours de ce qui se profile comme l'émission humoristique la plus importante de tous les temps. Il est de grandes injustices dans ce monde impitoyable (bon, évidemment, certaines sont plus grandes que d'autres) et l'absence de récompenses pour Amy Poehler en faisait partie. C'est réparé. Enfin. Et ça devenait long, si long que l'héroïne de Parks & Recreation avait organisé une très potache Losers Party, avec Jon Hamm (Don Draper de Mad Men), en hommage à sa condition d'oubliée des prix. Celle qui a présenté la cérémonie avec sa copine Tina Fey (30 Rock) a fini par rompre le signe indien, battant Lena Dunham (Girls) ou encore Julia Louis-Dreyfus (Veep) sur le terrain comique.Excellente question à laquelle nous serions tenté de répondre par l'affirmation, si seulement nous avions eu l'occasion de voir le téléfilm Behind the Candelabra (Ma vie avec Liberace), et donc nous faire une véritable opinion. La victoire méritée d'Elisabeth Moss pour sa brillante prestation dans Top of the Lake pourrait consoler Jane Campion, auteure de cette superbe mini-série. De son côté, Michael Douglas, en remportant le prix d'interprétation dans cette catégorie, a rappelé que la télévision n'avait décidément plus rien de tabou pour les grands acteurs.On penchera plutôt pour les Golden Globes, attribués par la presse étrangère d'Hollywood. Déjà parce que leur présentation est l'occasion, chaque année, d'assister à une performance hilarante -on pense aux facéties de Ricky Gervais notamment. Mais aussi parce que les Globes n'ont pas peur de plébisciter des séries moins évidentes.TEXTE Guy Verstraeten