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Première dans l'Histoire du festival avec, le samedi 12 mai, une montée des marches exclusivement féminine, 82 stars et femmes du 7e art, emmenées par Agnès Varda et Cate Blanchett, réclamant l'égalité salariale, la parité dans les instances de décision ainsi que l'équité et une diversité réelle dans leur environnement professionnel. Il y a encore du chemin à faire, 82 correspondant au nombre de femmes ayant concouru à la Palme d'or depuis la création du festival, pour 1688 hommes... Nouvelle montée des marches inédites le 16 mai, la chanteuse burundaise Khadja Nin, membre du jury de cette 71e édition, y accueillant seize actrices françaises noires et métisses, au rang desquelles Eye Haïdara, Sonia Rolland et Firmine Richard, venues, sous la conduite d'Aïssa Maïga, la comédienne à l'origine de l'ouvrage collectif Noire n'est pas mon métier, dénoncer le manque d'égalité et le racisme latent du cinéma français. Paris-Cannes-Hollywood, même combat, en somme... "Il n'y a pas assez de représentations de la femme par les femmes au cinéma." Forte de cette conviction, la réalisatrice française Eva Husson s'est lancée dans Les Filles du soleil, film de guerre au féminin comme l'on en voit rarement voire jamais, qui retrace le combat des femmes yézidies ayant choisi de prendre les armes aux confins du Kurdistan irakien. À défaut d'un grand film -euphémisme-, on saluera le geste ouvertement féministe, faisant de ce bouillon indigeste une oeuvre-manifeste... Puisqu'il convenait de poser un geste fort en cette première édition de l'ère post-Weinstein, le festival s'est choisi en Cate Blanchett une ambassadrice de haut vol, l'assistant dans sa tâche de présidente d'un jury majoritairement féminin, où siégeaient la réalisatrice Ava DuVernay, les actrices Léa Seydoux et Kristen Stewart et la chanteuse Khadja Nin. Pour autant, le palmarès n'a pas consacré l'une des trois femmes en compétition, Jane Campion restant la seule lauréate de la Palme d'or...