Haute fidélité

02/12/11 à 11:54 - Mise à jour à 11:54

S'appuyant sur le livre culte de Nick Hornby, Stephen Frears réussit une comédie savoureuse, où s'épanouit un excellent John Cusack.

HAUTE FIDÉLITÉ, COMÉDIE DE STEPHEN FREARS. AVEC JOHN CUSACK, IBEN HJEJLE, JACK BLACK. 2000. ****

Haute fidélité

© Touchstone Pictures/Melissa Moseley

La comédie réussit bien à Stephen Frears. Le très piquant et savoureux Tamara Drew est venu le rappeler récemment. Et Haute fidélité le voyait déjà en très grande forme, voici une dizaine d'années, à l'heure d'adapter le roman de Nick Hornby (auteur également des mémorables Carton jaune et A propos d'un gamin). C'est l'histoire d'un jeune homme de 28 ans, Rob Gordon, plutôt beau gosse et adolescent attardé, qui n'est pas allé au bout de ses études et qui tient à Chicago un magasin de disques "vintage" où peuvent s'épanouir tout à la fois sa passion pour la musique pop et rock, et sa propension à "flotter" en dilettante sans vraiment mordre dans la vie. Côté c£ur, Rob n'a jamais manqué de succès féminins. Mais ses compagnes successives se sont éclipsées devant sa mollesse et son indécision. Au moment où la dernière en date fait ses bagages, notre héros tente de réfléchir aux raisons de son infortune. S'ouvrira pour lui une période de questionnement... et de réorganisation de sa discothèque personnelle, comme toujours quand il se fait plaquer. John Cusack est épatant dans ce personnage qui semble fait pour lui. L'acteur avait déjà travaillé avec Frears sur le formidable Les Arnaqueurs (avec Anjelica Huston). Il s'épanouit devant la caméra complice d'un cinéaste britannique ne cachant pas son plaisir (communicatif) à le filmer. Autour de lui, on remarque et on apprécie la délicieuse Lisa Bonet et l'hilarant Jack Black, bien dans son rôle lui aussi en employé plutôt débile de la boutique de disques de Rob. On se régale à voir et à revoir un Haute fidélité aux allures de film culte. On se réjouit l'oreille aussi, avec une bande musicale des plus réussies. Laquelle réunit par exemple les Kinks, le Velvet Underground, Love, Bob Dylan, Elvis Costello, Stereolab, et les 13th Floor Elevators. Rien que du bon, pour une comédie au charme fou, qui fait beaucoup rire tout en créant çà et là quelques jolies bulles d'émotion. De quoi passer une très bonne soirée, et ressentir l'envie de se replonger dans la filmographie aussi variée qu'abondante d'un Stephen Frears décidément passionnant.

Louis Danvers

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