Devoir d'enquête: Justice à la belge - La cour des miracles

02/03/12 à 20:57 - Mise à jour à 20:57

"Quelle affaire!" L'exclamation revient souvent, dans la bouche de la juge Chantal Allard. La Présidente de la 20e chambre correctionnelle de Charleroi en entend en effet des vertes et des pas mûres à longueur de temps.

DEVOIR D'ENQUÊTE, MAGAZINE PRÉSENTÉ PAR MALIKA ATTAR.

Ce mercredi 7 mars à 20h20 sur La Une.

Devoir d'enquête: Justice à la belge - La cour des miracles

© RTBF

"Quelle affaire!" L'exclamation revient souvent, dans la bouche de la juge Chantal Allard. La Présidente de la 20e chambre correctionnelle de Charleroi en entend en effet des vertes et des pas mûres à longueur de temps. Elle en voit passer des histoires saumâtres en compagnie du substitut du Procureur du Roi, Philippe Dujardin. Tous les lundis, la cour des miracles (comme on l'appelle dans le milieu) se presse à leur porte, censée lui offrir une procédure pénale accélérée -pas expéditive.

Vols, petits trafics, violences conjugales... Tout ce que la misère sociale et affective connaît de prolongations délinquantes peut atterir un jour sur leur bureau. Et dans ce cas-là, gare à l'engueulade.

La 20e chambre correctionnelle de Charleroi fait fi du protocole, du moins oralement. Morceaux choisis: "Je comprends que les policiers aient été soi-disant violents avec vous", "Allez, secouez-vous, bougez vous, que diable!", "La vie c'est autre chose que de glander (sic) et que de se lever à 2 h de l'après-midi parce qu'on a fait la bringue toute la nuit!", (à un Algérien qui bat sa femme) "Eh bien la Belgique a encore fait une fameuse recrue!", ou encore "La vie n'est pas drôle monsieur, mais ne buvez pas, c'est la pire des choses."

Cette immersion au coeur de longs lundis à l'ombre signée Jean-Christophe Adnet brosse un tableau chamarré de la justice rapide -premier volet d'un triptyque consacré à la justice belge. Parfois savoureux, parfois révoltant (comme pour ces récidivistes de la main lourde), souvent émouvant. A cet égard, le témoignage du substitut du Procureur, qui confesse pleurer parfois quand il rentre à la maison, est une vraie bouffée d'humanité.

Myriam Leroy

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