Isbells, Dan San: belgitude folk

10/07/10 à 17:56 - Mise à jour à 17:56

Le folk belge se porte bien. Merci pour lui. Illustration encore ce samedi après-midi avec les prestations de Isbells et des Liégeois de Dan San.

Isbells, Dan San: belgitude folk

© www.dansan.be

De The bear that wasn't à Elvy, de Clare Louise à Moon On Earth, les exemples de folk made in Belgium de qualité, loin des clichés de veillée scoute où l'on s'ennuie à compter les étoiles et les astres radieux, abondent ces derniers mois. Qui s'en plaindra?

Double démonstration en ce début d'après-midi de troisième jour de festival avec les prestations du Louvaniste de Isbells et des Liégeois de Dan San.

Le premier, chargé d'ouvrir les hostilités dans des Halles surchauffées (on parle de la chaleur accablante, pas de l'ambiance, résolument gueule de bois) dès 13 heures, venait défendre un premier album éponyme au folk délicat sur lequel sa voix haut perchée évoque à l'occasion celle du Loner. Mais s'il est bien un univers -comme on dit à la Star Academy- auquel la musique de Isbells fait penser, c'est celui de Justin Vernon alias Bon Iver: folk songs sylvestres à la beauté glacée réchauffées par une voix d'ange blessé. Et si la comparaison tourne encore largement à l'avantage de l'Américain, sur scène Gaëtan Vandewoude et les siens confirment tout le bien que l'on pensait de ce folk du nord là.

Un démarrage tout en douceur, donc, que vient prolonger dans la foulée le concert de Dan San. Duo devenu quatuor -formule agrémentée encore bien aujourd'hui d'un violon dingue (fausse bonne idée, ceci dit, tant il est vrai que sa présence ne semble jamais justifiée, allant même, dans les moins bons moments, jusqu'à donner à l'ensemble des airs de mauvais bal folk), le groupe liégeois navigue dans des eaux un tantinet moins bucoliques -une voix qu'on jurerait, par endroits, venir de Seatlle à la grande époque du grunge imprimant un léger cachet nineties. Plus énergiques, voire ambitieuses, aussi. Le temps, notamment, de quelques micro tubes locaux ("Pillow", "Leaders").

Entre ces deux jolis moments de belgitude folk, les New-Yorkais de School of Seven Bells donnaient un concert au poil, planant au possible, sur la petite scène de l'Aquarium dans une indifférence quasi générale. Mais ça, c'est déjà une autre histoire...

Nicolas Clément, à Liège

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