La BD est-elle soluble dans le féminisme? Oui, la preuve avec Catel et Bocquet, Bagieu, etc.

10/11/16 à 09:34 - Mise à jour à 11:49

Source: Focus Vif

La cause des femmes est en passe de devenir un genre en soi en bande dessinée. Un sujet récurrent et protéiforme, évidemment porté par des autrices engagées -mais pas seulement.

Pénélope Bagieu en est intimement persuadée: "Les filles qui commencent à lire des bandes dessinées aujourd'hui et qui, dans dix ou vingt ans, se mettront à en faire, elles n'y croiront pas quand on leur racontera qu'à notre époque, on manquait cruellement de représentations ou de personnages à qui s'identifier, qu'il n'y avait pas de femmes dans les jurys, qu'elles furent longtemps quasi inexistantes... Le métier se féminise, il y a encore du boulot, mais ça va dans le bon sens. Personnellement, je n'ai aucune prétention. J'ai une légitimité à gueuler, c'est tout." L'autrice de Culottées -oui, après mûre réflexion des principales intéressées, mieux vaut dire "autrice" que "auteure", autant s'habituer-, ex-jeune star de la BD dite girly, est donc désormais une femme en colère. Et a rejoint avec ses Culottées, et comme nombre de ses collègues, les rangs d'un militantisme en bande dessinée qu'on n'avait jamais connu aussi vivace. La tendance, certes, était devenue évidente depuis quelques années -en moins de deux générations, le lectorat et la création de bande dessinée a connu une féminisation sans précédent: si les femmes constituent la moitié de l'humanité, elles constituent aussi désormais la moitié du lectorat BD, et désormais beaucoup plus que les 5 % de créateurs en bande dessinée, comme on les recensait encore il y a peu. Une tendance qui a atteint son paroxysme en 2016, non seulement avec la multiplication des titres écrits et dessinés par ou pour des femmes, mais aussi avec une fronde spectaculaire des autrices, boycottant le dernier festival d'Angoulême et sa liste aussi longue que vexante de nominés sans nominées. Désormais regroupées, et très actives, au sein du Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme, les autrices se rebiffent et ne se laissent plus faire -le Centre belge de la bande dessinée s'en souvient encore, lui qui envisagea un temps de mettre sur pied une expo BD des filles qui fut très mal perçue par le collectif, au point d'en obtenir la suspension. Mieux, ce militantisme s'exprime désormais directement en planches, avec des oeuvres, souvent rem...

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