L'enfance d'Alan

04/10/12 à 11:01 - Mise à jour à 11:01

BIO | Emmanuel Guibert est décidément l'un des grands maîtres de la bande dessinée contemporaine. Et un ami comme on en voudrait tous un.

L'enfance d'Alan

L'ENFANCE D'ALAN, D'EMMANUEL GUIBERT, ÉDITIONS L'ASSOCIATION, 160 PAGES. *****

BIO | Emmanuel Guibert est décidément l'un des grands maîtres de la bande dessinée contemporaine. Et un ami comme on en voudrait tous un. Quatre ans après le troisième et dernier tome de l'un de ses chefs-d'oeuvre, La Guerre d'Alan, et douze ans après la mort de son ami américain Alan Ingram Cope, dont il racontait les souvenirs de guerre, Emmanuel Guibert boucle la boucle de cette incroyable aventure humaine et éditoriale, en relatant, cette fois, ses souvenirs d'enfance. L'enfance d'Alan, celle d'Alan Ingram Cope, né en 1925 en Californie, fils unique d'une très grande famille globalement heureuse, comme on peut l'être dans ces années-là, avec ces revenus-là. Famille modeste, vie banale, quotidien lent, semblables sans doute à ceux de millions de ses contemporains. Et pourtant, dans les mots de Cope et le récit de Guibert, l'enfance d'Alan devient une aventure exceptionnelle, un moment de vie universel dont le duo n'a retenu que le substrat et l'indicible beauté. L'enfance d'Alan n'est pas une suite ou un quatrième tome, mais un début, en forme de point final. Alan Ingram Cope, "simple" témoin de son siècle, était "une personne artistique. Je crois que j'avais de quoi être un artiste, mais la vie a fait en sorte que je n'en sois pas devenu un", expliquait Cope à son ami Guibert, dans leurs heures d'enregistrements et de rencontres qui furent à la naissance de ce projet particulièrement émouvant. Guibert semble de fait habité par la grâce de son ami tout au long de ces 160 superbes pages, esthétiquement phénoménales. Et s'impose définitivement comme le Terrence Malick de cette nouvelle BD française qu'il a fondée avec les Sfar et autres Blain: il tient ici son Tree of Life.

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