Briser le tabou du nazisme: autopsie d'un silence coupable

19/04/16 à 14:27 - Mise à jour à 14:58

Source: Focus Vif

Le cinéma allemand a mis (trop) longtemps à briser le tabou du nazisme et de l'hypocrisie d'après-guerre. Autopsie d'un silence coupable avec Fritz Bauer, un héros allemand, de Lars Kraume.

Hitler... connais pas! C'est le titre d'un documentaire sur la jeunesse française de 1963 réalisé par Bertrand Blier. Mais la formule délibérément provocatrice aurait pu servir aussi pour évoquer, avec quelque ironie, l'absence quasi totale d'évocation directe du nazisme et de ses crimes dans le cinéma d'Allemagne de l'Ouest lors des décennies qui suivirent la défaite. "Enterrez tout ça, n'en parlez pas, personne ne savait rien, regardons vers l'avant sans plus de discussion, nous avons tant à faire pour reconstruire le pays!", disait voici un peu plus d'un an la grande actrice Nina Hoss à propos de l'état d'esprit régnant au lendemain de la défaite... Plusieurs raisons expliquent, sans la justifier, ce silence assourdissant de la production commerciale mais aussi, lors de l'émergence du nouveau cinéma allemand (Neuer Deutscher Film) dans les années 60 et 70, de la part d'auteurs de premier plan comme Wim Wenders et Werner Herzog. Lars Kraume les a énoncées, analysées pour nous. Né en 1973, il fait partie de cette génération de cinéastes qui, aujourd'hui enfin, brisent le tabou. Son remarquable Fritz Bauer, un héros allemand vient s'ajouter au Labyrinthe du silence, à Phoenix, à Lore et à Sophie Scholl les derniers jours, à ce monumental et controversé La Chute, aussi, bien sûr. Et à une minisérie télévisée comme Unsere Mütter, unsere Väter, diffusée en 2013 et racontant sur les pas de cinq amis l'Allemagne au quotidien des années 41 à 45.
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