« Si je vivais ailleurs qu’en Suisse, tout serait sans doute beaucoup plus facile. La vie est très chère chez nous. Les loyers, la bouffe… C’est dur de survivre en tant que label. Tout ce que je gagne avec mes concerts, avec mes ventes d’albums, je l’investis dans ma petite maison de disques. On est deux. On peut se payer. Mais pas très bien. »

Quand il ne prêche pas la bonne parole en studio ou sur les routes mal fréquentées, le Reverend Beat-Man préside à la destinée de son label: Voodoo Rhythm. Autoproclamé « Home of primitive rock’n’roll and Chainsaw Massacre Garage Punk, Cajun, Blues Trash from Switzerland », Voodoo Rhythm a fêté ses 20 ans l’an dernier. Zeller se souvient. « Quand je courais les clubs avec les Monsters et Lightning Beat-Man, nous jouions avec plein de groupes formidables mais ils ne trouvaient pas de labels. Leur musique était trop bizarre, trop sauvage, trop bruyante… Je voulais leurs disques. Ils n’avaient aucun merchandising. Je les ai donc incités à enregistrer. L’idée, quand je sors un album, c’est que je le veux dans ma collection. J’en garde un pour moi et je vends les autres. »

Avant Voodoo Rhythm fondé en 1992, le premier label de Beat-Man s’appelait Zerfall Tapes, et était spécialisé dans la cassette. « Ce n’était rien d’unique. Tout le monde faisait la même chose et vendait ses trucs dans la rue à l’époque. Mais quand je me suis lié à la petite boîte indépendante Record Junkie, j’ai appris comment manager un label, comment presser des disques et comment les vendre… »

Dans les bacs depuis peu, One Take Session de Becky Lee and Drunkfoot est la 81e référence d’un catalogue qui compte beaucoup de Beat-Man (Lightning, Reverend, Monsters…) mais aussi de la musique cajun, des one-man-band burnés… Puis un projet belge, Stinky Lou and The Goon Mat, emmené par le patron de la rhumerie liégeoise le Lou’s Bar…

« Un pote à moi avait fait tourner Lou en Suisse. Il m’a envoyé son premier CD qui ne m’avait pas trop convaincu mais quand j’ai vu ces trois mecs, ces trois personnages, sur scène, j’ai vraiment été bluffé. C’était comme feuilleter un comics… Je les ai envoyés dans un studio en France et ils ont enregistré ce disque génial. »

Le secret du diabolique Beat-Man et de son label où une poignée de main a valeur de contrat? « Beaucoup de groupes me contactent pour que je les sorte sur Voodoo Rhythm. Et je ne sais toujours pas ce qui me décide. Ça n’a rien à voir avec le cerveau, la célébrité, le calcul ou le fric. C’est comme quand tu vas aux puces: tu ne sais pas ce que tu veux acheter, et puis, tu vois. Tu vois ce que tu as toujours cherché sans même savoir que tu le voulais. » The Beat goes on…

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J.B.

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