La société SHMG produit des turbines hydrauliques et des composants pour l'industrie nucléaire et l'exploration spatiale. En 1988, quelques-uns de ses ingénieurs travaillent sur un barrage en Colombie quand l'un d'entre eux disparaît, enlevé par les forces armées révolutionnaires. Que décider et comment, quand on a la vie d'une personne entre les mains? Non, vous n'êtes pas en train de vous poser la question devant le nouveau James Bond ou l'adaptation d'un roman d'espionnage façon Robert Ludlum ou John le Carré, vous venez de plonger dans Inside Risk, et si c'était vous?, le documentaire interactif inauguré en Suisse que diffusera la RTBF le mercredi 26 février en prime time sur La Une.
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La société SHMG produit des turbines hydrauliques et des composants pour l'industrie nucléaire et l'exploration spatiale. En 1988, quelques-uns de ses ingénieurs travaillent sur un barrage en Colombie quand l'un d'entre eux disparaît, enlevé par les forces armées révolutionnaires. Que décider et comment, quand on a la vie d'une personne entre les mains? Non, vous n'êtes pas en train de vous poser la question devant le nouveau James Bond ou l'adaptation d'un roman d'espionnage façon Robert Ludlum ou John le Carré, vous venez de plonger dans Inside Risk, et si c'était vous?, le documentaire interactif inauguré en Suisse que diffusera la RTBF le mercredi 26 février en prime time sur La Une. "Inside Risk, c'est un jeu sérieux, un docu interactif basé sur une histoire vraie, résume le journaliste d'investigation François Mazure, qui animera l'émission. Dans les années 80, un homme qui travaillait pour une entreprise suisse a dû, seul, négocier la vie d'une de ses employées. À l'époque, il y avait régulièrement des prises d'otages en Colombie. Les FARC étaient très actives. Et une jeune ingénieure a été enlevée." Les autorités helvétiques ne sont pas vraiment présentes, le gouvernement colombien ne veut en aucun cas intervenir et les autres dirigeants de la société sont en vacances. L'homme d'affaires Jean-Pierre Mottu se retrouve rapidement seul, confronté du jour au lendemain aux décisions les plus compliquées de toute son existence. "Pour la première fois en 30 ans, il a accepté de parler. Il a livré son témoignage et expliqué tout le processus de négociation, reprend François Mazure. Ce qu'on offre à travers Inside Risk , c'est de vivre cette expérience de l'intérieur. On propose aux téléspectateurs devant leur télé mais aussi à un panel de quatre invités en plateau, deux hommes et deux femmes de générations et de milieux socio-culturels différents, de confronter, à huit moments du documentaire, leurs décisions à celles du négociateur." Tout le monde, devant sa télé, via son téléphone, son ordinateur, sa tablette et la page www.rtbf.be/insiderisk, aura l'occasion de donner son avis. Durant les interruptions, François Mazure jouera le chef d'orchestre et les votes des internautes s'afficheront à l'écran. "On n'est pas juste dans un "serious game". On va apprendre des choses. Il y aura un expert en négociation sur le plateau. Le documentaire est très riche. Il raconte une histoire méconnue que je conseille d'ailleurs aux gens d'aborder en en sachant le moins possible." Certes, on n'en est pas au stade de Bandersnatch, l'épisode interactif de Black Mirror, ce Livre dont vous êtes le héros adapté en série télé dont vous pouviez, sur Netflix, téléguider le scénario. Mais Facebook permettra de prolonger l'expérience. "Le personnage agit dans une histoire vraie, donc, on n'a pas d'incidence sur la suite du documentaire, poursuit Mazure. Les faits se sont passés, on ne peut pas intervenir. Mais en participant, on s'implique vraiment dans le processus qui amène pas mal de suspense et de tension. Ça permet de se confronter à des situations de crise, de comparer des réactions humaines à des événements qui se sont réellement déroulés. Les prises d'otages continuent à être d'actualité. Il y en a eu beaucoup ces dernières années en Syrie." Aube d'une nouvelle télévision, débuts des grands bouleversements? Le besoin et l'envie d'interaction vont en tout cas en s'accentuant. Le progrès le permet et l'envie de participation des téléspectateurs est grandissante. L'interactivité s'ancre de manière extrêmement naturelle chez les jeunes. Les réseaux sociaux offrent des tribunes à chacun. Tout le monde aujourd'hui veut donner son avis et le faire entendre. "J'ai 40 ans. J'ai grandi avec la télévision traditionnelle qu'on allumait et consommait de manière passive. Mais le boom des technologies est passé par là. Le spectateur veut intervenir, dire ce qu'il pense, exister dans la société. Avant, la plupart des citoyens n'avaient pas de tribune. Aujourd'hui, ils ont les forums, les réseaux sociaux. C'est une bonne chose. La télévision doit s'y adapter." Avec sa formation de sociologue, François Mazure jette un regard assez aiguisé sur la question. "Les technologies ont amené dans la sphère privée une nouvelle manière de vivre le collectif. On est un peu moins dehors mais ça ne veut pas dire qu'on participe moins à la vie publique. Avant, on allait au bistro discuter avec les copains. Maintenant, les gens font ça depuis leur domicile. À l'avenir, la télé va tenter de trouver de nouvelles formes de programmes. Des programmes plus participatifs qui se servent du progrès." Reste à savoir si la télévision telle qu'on la connaît est adaptée à ces nouveaux modèles interactifs. Inside Risk est né hors de la télé. Il a été développé comme une formation testant la boussole éthique et stimulant la pensée critique destinée à des cadres et managers. "L'avantage de la télé et d'un service public, c'est qu'ils vont s'adresser au plus grand nombre. Là où sur les sites internet, les blogs, les réseaux sociaux, plus excluants et dans l'entre-soi, l'utilisateur va généralement cibler ses recherches. La télé a un rôle démocratique et fédérateur à jouer. Qu'on soit médecin, ingénieur, plombier, boulanger, sans emploi, on est tous égaux face à notre poste. Le service public offre des programmes de qualité, éducatifs, de divertissement dont on peut parler ensemble. Alors, la télé ne permet pas de faire basculer le récit. Pour l'instant. On verra dans le futur. Mais elle a l'avantage de s'adresser à la population belge dans son ensemble et pas à des niches." Les producteurs d'Inside Risk planchent déjà sur d'autres histoires, d'autres aventures documentaires qui pourraient être adaptées sur le même format. La révolution est en marche...