De 1898 à 1956, l'Allemand Hans Schomburgk a arpenté le continent africain et fixé sur pellicule les transformations brutales de sa phase de colonisation par les grandes puissances. Son oeuvre a immortalisé le décor et les acteurs dans les derniers instants avant le drame et durant s...

De 1898 à 1956, l'Allemand Hans Schomburgk a arpenté le continent africain et fixé sur pellicule les transformations brutales de sa phase de colonisation par les grandes puissances. Son oeuvre a immortalisé le décor et les acteurs dans les derniers instants avant le drame et durant son déroulement. Il a illustré les cultures vivaces et proposé en creux le reflet d'une Europe vorace. Arrivé en tant que géographe pour l'armée anglaise, c'est en cinéaste qu'il reviendra en Afrique, contribuant à façonner le regard que le Vieux Continent lui portera. Schomburgk a sillonné l'Afrique quand celle-ci ne portaient pas encore les stigmates de ces "bienfaits" de la colonisation que sont les routes et les chemins de fer, et l'infrastructure matérielle qui les accompagne. De retour en Europe, il exposait ou publiait des photos, enrichies du contenu de ses carnets, et projetaient ses films. Des historiens du cinéma et anthropologues commentent les images filmées par Schomburgk et expliquent sa manière de travailler, qui fait de lui un ethnographe hors pair. Son regard a changé en un demi-siècle, à tel point qu'il est devenu un ardent défenseur d'une autre façon de considérer les populations locales ainsi que la faune et la flore, immortalisés dans son Adieu à l'Afrique en 1956 -un coup de griffe sur l'avidité funeste des colonisateurs de tous bords.