Dans les années 60, on ne croisait que quatre ou cinq coureurs, alors un peu considérés comme des cinglés, des excentriques, des farfelus, en faisant une sortie de dix kilomètres dans ce poumon de New York qu'est resté Central Park. Les uns couraient la nuit parce qu'ils étaient gênés qu'on les aperçoive...

Dans les années 60, on ne croisait que quatre ou cinq coureurs, alors un peu considérés comme des cinglés, des excentriques, des farfelus, en faisant une sortie de dix kilomètres dans ce poumon de New York qu'est resté Central Park. Les uns couraient la nuit parce qu'ils étaient gênés qu'on les aperçoive le jour, d'autres se jetaient dans les fossés quand ils voyaient des phares. Un adepte du hors stade se souvient même s'être fait arrêter par des flics l'ayant pris pour un pervers car il courait sans t-shirt... Fin des sixties, courir allait devenir un symbole de contre-culture et de lutte contre le pouvoir établi, l'équivalent pour certains d'aller à Woodstock et d'écouter de la musique, une manière de s'exprimer. Passionnant, emballé dans un montage rythmé, le documentaire de Pierre Morath se promène dans l'histoire grâce à de formidables images d'archives et dresse le portrait de personnalités qui ont milité pour le droit de courir librement. Kathrine Switzer, la première femme à avoir terminé officiellement un marathon (de 1928 à 1960, la plus longue distance que pouvaient courir les femmes était le 800 mètres). Steve Prefontaine, champion de la foule et du peuple qui écrasait les records et vivait dans une caravane. Ou encore Fred Lebow, fondateur du marathon de New York... Un zoom sur la course hors stade qui la mêle aux combats sociétaux, sans oublier son côté business. Born to run...