Début d'après-midi. Radisson Blu. Au coeur de Bruxelles. Chapeau, costard, visage bouffi marqué par les excès et démarche déjà titubante, Peter Doherty ne passe pas inaperçu tandis qu'accoudé au bar, il commande sa tequila sunrise. Fidèle à lui-même, souriant, sympa, bien déglingué, le Libertine fait un sourire à l'un, adresse un clin d'oeil à l'autre. Trois jours plus tôt, Pete le survivant fêtait ses 40 ans à Margate. Et plus précisément à Cliftonville, petite ville côtière dans le sud-est de l'Angleterre. C'est là qu'à l'automne 1921, lors d'un séjour en convalescence, T.S. Eliot trouva l'inspiration pour La Terre vaine (The Waste Land), classique de la poésie anglo-saxonne. C'est là aussi que les Libertines ont aménagé leur tanière. Dans un hôtel proche de la mer qui faisait grincer des dents les utilisateurs de TripAdvisor et était même considéré comme l'un des pires du Kent. Outre des piaules, les anciens enfants terribles du rock anglais, qui en bons entrepreneurs ont vendu 125 livres la brique personnalisée à leurs fans, y ont installé un studio d'enregistrement. "Il va s'appeler The Albion Rooms. Et le bar en dessous, le Waste Land. Il appartient à Carl (Barât, NDLR). Il a obtenu sa licence maintenant pour vendre de l'alcool."
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