Pour son premier jour, le BSF a attiré pas moins de 6 000 personnes au Mont des Arts. C'est plus que la moyenne de l'an dernier.

Le Mont des Arts a une programmation conséquente avec notamment les Soviet Suprem où le public a été réceptif. Thérapie Taxi était là aussi. C'est un bon lancement, même s'il est difficile de comparer avec l'édition de 2017.

Nous sommes déjà à mi-parcours de cette édition 2018. Qu'en retirez-vous ?

Nous sommes très contents des premiers jours. Néanmoins, je trouve que c'est trop tôt pour en parler. Il reste encore à faire. Nous sommes seulement à la moitié du BSF. Pour le moment, nous avons eu des retours positifs notamment de la part des artistes. Personnellement, j'estime que nous avons déjà fait une très belle année.

Gros changement cette année : le nombre de jours du BSF se réduit de moitié. Qu'est-ce que cela change concrètement ?

Effectivement, cela a amené certains changements. Les scènes de la Place du Musée et du Mont des Arts ont été repensées. En termes de planning et de programmation, la dynamique du festival en lui-même a été modifiée. Auparavant, cela allait crescendo. Le Brussels Summer Festival durait 10 jours. Il y avait donc plus d'espaces entre les artistes. Tout n'était pas enchaîné. Pour cette nouvelle édition, nous avons intensifié le BSF afin d'avoir, dès le départ, l'attention du public. En interne, cela nous a demandé d'être plus synchronisé et fluide. Le but était que l'on puisse refaire chaque jour ce que nous avons pu réaliser la veille.

D'ailleurs, êtes-vous à l'origine de cette décision ?

Nous avons beaucoup discuté avec plusieurs membres de l'équipe. Nous nous sommes également mis à l'écoute des uns et des autres. Les éditions précédentes ont été analysées et il a été constaté que peu de personnes venaient plus de cinq jours au BSF. D'ailleurs, la fréquentation était en hausse sur les quatre derniers jours. On a donc remodelé le festival pour aller directement sur le moment "musical". En ce sens, même si tout a été préparé et réglé en amont, un festival est toujours en évolution.

Votre arrivée au BSF coïncide avec une évolution plus urbaine du festival. Est-ce une volonté réfléchie ?

Cela relève essentiellement du travail du programmateur, mais il se trouve que nous sommes à l'écoute des tendances musicales. Nous observons les classements des hits sur Spotify notamment. Malgré le fait que nous sommes attentifs à ce qui fonctionne en ce moment à l'image du rap qui est, en quelque sorte, la nouvelle pop, nous ne suivons absolument pas tout ce qui est à la mode. Le BSF reste un évènement ouvert. Disons que c'est une diversification. D'une édition à une autre, il y a quelque chose qui ressort.

Dans votre carrière, vous êtes passé par des labels comme PIAS ou encore par des services de streaming musical, en quoi cela vous a servi pour le BSF ?

Je pense surtout que c'est un métier où il faut connaître, à la fois, les besoins d'un artiste et ceux du public pour pouvoir joindre les deux.

Plus de 115 000 festivaliers ont répondu présents l'an dernier, qu'espérez-vous pour cette année ?

On ne peut pas comparer une édition d'une dizaine de jours avec une de cinq jours comme cette année. Nous nous baserons donc exclusivement sur la fréquentation de festivaliers par jour.

Qu'en sera-t-il de l'édition 2019 ?

Nous réfléchissons déjà pour l'année prochaine. Pour ma part, je serai toujours là, même si un évènement comme le BSF se repose principalement sur le travail d'équipe. C'est la clé du succès.

Propos reccueillis par Mostefa Mostefaoui