Qui se souvient de Last Resort, Sonic Wings ou encore Axelay? Vitrines technologiques des consoles et bornes d'arcade des années 80 et 90, les shoot them up (shmups) ont presque disparu du vocabulaire gaming contemporain. Piloter un vaisseau, un avion ou un volatile -au fil d'un défilement horizontal ou vertical- était dans l'air du temps. À tel point que pour élargir son public, le genre s'était décliné en version kawaii sur des cute them up (Pop'n TwinBee, Fantazy Zone, Parodius...). Même la Belgique prenait part à la fête puisqu'en 1992, Yves Grolet lâchait Agony, périple fou d'un hibou animé avec soin. Le déco...

Qui se souvient de Last Resort, Sonic Wings ou encore Axelay? Vitrines technologiques des consoles et bornes d'arcade des années 80 et 90, les shoot them up (shmups) ont presque disparu du vocabulaire gaming contemporain. Piloter un vaisseau, un avion ou un volatile -au fil d'un défilement horizontal ou vertical- était dans l'air du temps. À tel point que pour élargir son public, le genre s'était décliné en version kawaii sur des cute them up (Pop'n TwinBee, Fantazy Zone, Parodius...). Même la Belgique prenait part à la fête puisqu'en 1992, Yves Grolet lâchait Agony, périple fou d'un hibou animé avec soin. Le décollage, ce printemps, d'un nouvel épisode de R-Type sous-titré Final 2 ne passe donc pas inaperçu. D'autant que, des salons aux salles d'arcade, la saga née en 1987 jouit d'un statut culte. Affirmer que les shoot them up ont aujourd'hui disparu n'est pas tout à fait exact. Çà et là, des projets survivent. Nex Machina, des créateurs de l'implacable Returnal (voir Focus du 6 mai) comblait ainsi les amateurs twin stick shooter, il y a trois ans. En 2019, Pawarumi planait au fil d'un trio d'armes dont les effets changent selon la nature des adversaires. Un laser vert y inflige par exemple plus de dégâts sur un ennemi d'une couleur similaire tandis que des combinaisons colorées permettent, entre autres, de drainer de l'énergie de vilains pour recharger son bouclier. À l'image de Pawarumi, R-Type renouvelait le genre à la fin des années 80. Surprise du chef? Un module offensif que le gamer pouvait envoyer balader dans le décor pour le nettoyer. Attachable comme un bouclier à l'arrière ou à l'avant du vaisseau, ce gimmick force à constamment surveiller deux éléments simultanément à l'écran. Pas de quoi, toutefois, rendre ce voyage intersidéral inoubliable. Certes, s'adapter au plan de vol et aux techniques biscornues des adversaires mutants et autres boss bioniques décroche des sourires. On se poste ainsi près d'un puits d'où va jaillir une colonne de six aliens volants pour les éradiquer, avant qu'ils ne sortent. Détruire des graines en plein vol, avant même qu'elles ne touchent le sol et se transforment en tentacules, réjouit aussi. Mais la formule ne se renouvelle guère et la réalisation visuelle datée retourne non pas 30 mais quinze ans en arrière. Ses teintes fluo criardes et ses textures grossières jurent donc face à l'élégante 2D pixelisée en 16 bits des premiers opus. Alien, le huitième passager se retourne dans sa tombe. Offrant trois vaisseaux (parmi une dizaine à débloquer) aux comportements offensifs assez différents, R-Type Final 2 ne restera hélas pas dans les mémoires. Le retour de Kazuma Kujo, son créateur, s'ajoute à autres come-back japonais pas très heureux. Yuji Naka, le père de Sonic et Nights s'est lui récemment fourvoyé avec Balan Wonderworld tandis que Keiji Inafune ne parvenait pas à ressusciter Mega Man sur Mighty No. 9. Difficile de faire du neuf avec des vieux...