The Elder Scrolls V: Skyrim
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Bientôt âgé de dix ans, The Elder Scrolls V: Skyrim reste un jeu de rôle en expansion perpétuelle animé de multiples rééditions, add ons et modifications d'amateurs. Cette vaste épopée médiévo-fantastique s'anime d'une vie propre tant sa population, ses objets et ses quêtes font preuve d'une vertigineuse profondeur. S'il se peuple de dragons et de chevaliers, le jeu de rôle veiné d'une centaine de grottes, villes, bourgades et autres temples se drape aussi de panoramas forestiers et montagneux apaisants. Sur PC, sa communauté toujours aussi active améliore d'ailleurs constamment ses décors pour y injecter notamment des explorations d'océan et ou encore pimper ses arrière-plans. À recommander d'urgence aux adeptes de Game of Thrones. Deuxième oeuvre culte de Fumito Ueda après Ico, Shadow of the Colossus part à l'assaut de seize titans dispersés dans un monde ouvert époustouflant. Localiser, comprendre comment escalader un serpent volant à quatre ailes et, plus tard, s'accrocher in extremis à la barbe d'un yéti géant créent des souvenirs épiques. Obligeant le gamer à observer attentivement son environnement, ce jeu de plateforme hyper cinématique donne en outre l'impression de plonger dans un documentaire animalier d'une rare poésie. Ou comment revivre manette en mains, le sens de la démesure des Voyages de Gulliver tout en cultivant une troublante empathie envers ses adversaires... Surfer, glisser et planer sur les dunes de Journey relève du trip mystique. Pas de menus, ni même de sous-titres. L'oeuvre totale de Jenova Chen reste, huit ans après sa sortie, un chef-d'oeuvre indiscutable du jeu indé. Flottant entre exploration et plateforme, le voyage évanescent et poétique s'accomplit sans dialogue, mais avec beaucoup de sens, dans un univers minéral fabuleux. D'un désert bleu lune à un temple mauresque vertigineux, cette claque visuelle décline en outre le sable comme nul autre. Cristal blanc ou sucre rose? La lumière magnifie le tout. Héritier direct d'Another World et d'Ico, Journey multiplie en outre les indices visuels lourds de sens. On y croise ainsi des monstres en flottaison exprimant leurs intentions par des comportements. Tout au long du périple, à l'horizon, le sommet d'une montagne coiffée d'un pic de lumière se profile comme un objectif lourd de questions. Portant la découverte du gameplay en plaisir de jeu, ses décors s'apprécient aussi via un remake sur PS4 en 1080 p et 60 images par seconde. Une sublime légèreté pour un plaisir de la découverte rare et aujourd'hui indispensable. Oser un saut de 20 mètres dans un lagon bleu. Se battre au couteau avec un requin. Puis, découvrir une cascade tropicale secrète et frôler des cimes en vol plané à bord d'une aile delta... Far Cry 3 se vit comme des vacances chahutées. Attention, ce FPS abrite un psychopathe charismatique. Un des meilleurs bad guys de l'Histoire du jeu vidéo. Over the top (pas trop angoissante donc), sa quête d'identité mystique génère en outre des missions outrancières dans un monde ouvert malin et dingue. Une d'entre elles, culte, demande ainsi de brûler au napalm des champs de cannabis en écoutant le dubstep gras et fendard de Skrillex et Damian Marley (le fils de Bob). Le jeu traverse d'ailleurs fréquemment des tunnels hallucinogènes pavés d'écrans télévisés et de maisons qui dansent. C'est quand qu'on descend? Prendre ses jambes à son cou pour sauter d'un toit vers un muret et atterrir en roulade sur une plateforme. Le vent dans les oreilles, Mirror's Edge voltige en temps de confinement pour relire l'espace urbain. Gouttières, corniches, bouches d'aération... Ce jeu de parkour vu à la première personne s'affranchit presque de toute arme à feu pour enchaîner des figures dans une dystopie urbaine blanche. Faith, son attachante héroïne, y lutte contre une société où la surveillance téléphonique est la norme. Ce jeu qui a accouché d'une suite (Catalyst tout aussi recommandable) reste d'actualité malgré ses douze ans d'âge.