Au départ, ce devait être un break dans son couple: My s'étant tellement absentée, accaparée qu'elle était par son boulot au théâtre, qu'ils avaient décidé, histoire de remettre les comptes à zéro, que Fabian partirait tout un mois avec son ami Daniel faire un tour d'Europe. En 2016, la montée des partis fascistes un peu partout sur le Vieux Continent leur ayant donné des sueurs froides, les deux compères décident d'aller vérifier si les idéaux européens de démocratie avaient encore une signification. Les voilà donc partis à l'été 2017 de Stockholm en direction, entre autres, de Berlin, Bruxelles, Paris, Rome, Athènes, Belgrade, Budapest, Vienne, Varsovie, Gdansk et retour. Ils y rencontrent soit de vieux amis partis voir si l'herbe n'était pas plus verte ailleurs, soit des journalistes, artistes ou autres activistes du cru. La plupart sont désenchantés et fatigués, ne trouvant plus le plaisir que dans une clope, un café ou une bière partagés à une terrasse. Ils prennent également la température des villes traversées, les impressions qu'elles donnent... et le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas la fête non plus. Morceaux choisis: Bruxelles et son piétonnier " échoue lamentablement à créer une ambiance estivale", Paris au Marais envahi par les touristes " n'est plus ce qu'il était", Rome, la ville éternelle, est en décrépitude, Vienne est trop lisse et policée, Athènes et Belgrade en décombres... Malgré tout, le dessin et le ton de cette bande dessinée donnent des envies de voyage et de rencontres hors des circuits balisés, favorisés, à l'heure de l'avion bon marché, par le choix de se déplacer en train, bus ou bateau. Seul bémol, le lecteur européen aurait bien aimé connaître les impressions de l'auteur sur Stockholm, sa ville natale, pas plus épargnée par les extrémistes.

De Fabian Göranson, éditions Rackham, 224 pages.

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