Que l'Institut Supérieur des Beaux-Arts (HISK), la fameuse école d'art gantoise, soit un tremplin pour ses étudiants ne fait pas l'ombre d'un doute. Nombre des diplômés qui en sortent sont promis à un avenir plastique radieux. On en veut pour preuve, si l'on parcourt l'actualité récente, le cas Kasper Bosmans (1990), dont l'oeuvre se situe au croisement de l'héraldique et de la recherche historique. Le jeune homme originaire de Lommel connaît en ce moment tout à la fois les honneurs de l'exposition sur la jeune création européenne à la Fondation Cartier et figure, dans le même temps, au casting vénitien du Future Generation Art Prize de la Fondation Pinchuk. Un exemple parmi tant d'autres. On ne saurait trop se réjouir de la synergie Gand-Bruxelles qui s'opère à la faveur d'une exposition à Kanal dédiée aux lauréats de l'institution flamande. The HISK Connection met en évidence les travaux de dix artistes passés certes par la ville sur la Lys et l'Escaut... Mais dont le travail entretient un lien avec la capitale. Il suffit de regarder le dernier Pavillon belge à la récente Biennale de Venise pour s'en convaincre: c'est toujours prometteur quand l'art gomme les frontières et les replis pour se frotter à l'altérité. Inspirée par l'atmosphère de The French Connection, le film tourné en 1971 par William Friedkin, l'exposition fait valoir un sous-texte qui ne manque pas de pertinence. Car pour de nombreux compatriotes du nord du pays, Bruxelles a des allures de New York au début des années 70. C'est sur cette toile de fond féconde que les anciens élèves du HISK donnent à voir leurs travaux, non sans une jolie mise en abyme: s'ils n'affichent pas beaucoup de points communs thématiques ou stylistiques à proprement parler, ils font néanmoins valoir un esprit "work in progress" ne pouvant laisser indifférent tout qui aime se trouver à l'endroit où la création se cherche et s'élabore.

Exposition collective, kanal, quai des Péniches, à 1000 Bruxelles. Jusqu'au 16/06.

www.kanal.brussels