Attention, plan culte. LeRoy Grannis (1917-2011) n'a pas été déclaré en vain "the godfather of surfphotography" par le New York Times. Son histoire est celle d'un gamin né au bord de l'océan et fasciné par les vagues depuis son plus jeune âge. Enfant, il pratique le surf comme d'autres le vélo. Rattrapé par l'Histoire avec un grand H, la Grande Dépression en l'occurrence qui l'a empêché de poursuivre ses études, il lui a fallu se débrouiller. "Granny", tel qu'il a toujours été surnommé, a tout essayé: charpentier, ferrailleur, employé pour la Standard Oil... avant de rejoindre l'armée durant la Seconde Guerre mondiale. Au sortir de celle-ci, il s'essaie à la photographie de surf qui, petit à petit, va occuper tout son temps. Il collabore pour des magazines telles que Surfer ou Reef, tout en accumulant une matière considérable. Beaucoup pensent qu'il est le premier à avoir rendu compte d'un certain lifestyle californien nourri au sable et au surf. C'est faux, Grannis n'a pas été le premier mais il a été... le meilleur. L'homme, qui soignait tout particulièrement ses angles, a livré quelques-uns des clichés mythiques du surf. Il a aussi capté comme personne le rêve américain, style West Coast, comme le prouve cette image dont on se surprend à fredonner spontanément la légende: " If everybody had an ocean, across the USA, then everybody'd be surfin', like Californi-a". Des paroles sorties tout droit du légendaire Surfin' USA d'un certain... Brian Wilson. Une certaine image du bonheur.

La photo est extraite de LeRoy Grannis. Surf Photography of the 1960s and the 1970s, de LeRoy Grannis, Steve Barilotti et Jim Heimann, éditions Taschen, 400 pages.

Chaque semaine durant l'été, Focus s'arrête sur le travail d'un photographe fasciné par la culture surf.