Si l'Histoire du rap francophone est de mieux en mieux documentée, a fortiori depuis que celui-ci est devenu le principal carburant des plateformes de streaming, force est de constater que son chapitre belge n'a suscité jusqu'ici que très peu de publications. En réalité, on peut même compter sur les doigts d'une main...

Si l'Histoire du rap francophone est de mieux en mieux documentée, a fortiori depuis que celui-ci est devenu le principal carburant des plateformes de streaming, force est de constater que son chapitre belge n'a suscité jusqu'ici que très peu de publications. En réalité, on peut même compter sur les doigts d'une main les ouvrages vraiment significatifs. À cet égard, la publication de l'autobiographie de Thomas Duprel, mieux connu sous le nom d'Akro, n'est certainement pas du luxe. D'autant que le parcours de l'intéressé est particulièrement emblématique: présent sur l'une des premières compilations de rap belge ( Fidèles au vinyle), membre de Starflam (premier groupe de rap belge à avoir décroché l'or), Akro se trouve aujourd'hui à la tête de Tarmac, le média "urbain" de la RTBF. Cette trajectoire, le patron-rappeur a profité du confinement pour la coucher sur papier. Rap Game remonte le fil biographique, des premiers émois hip-hop à Jette, à la fin des eighties, jusqu'aux secousses de la nouvelle vie professionnelle d'Akro, dans les couloirs de Reyers; en passant par ses essais solo et l'une ou l'autre incartade vers le terrain plus perso. Les chapitres sont cours, la plume légère. En ce sens, ceux qui cherchent une histoire fouillée du mouvement ne pourront qu'être frustrés -l'épisode Starflam est évacué en trois petits chapitres. Les autres suivront cet itinéraire d'un enfant du rap, régulièrement touchant dans ses allers-retours entre points de vue assénés de manière parfois abrupte et mea culpa sincères.