Alors que Roberto Saviano, l'auteur de Gomorra, s'épanchait récemment, au Monde Festival, sur le côté laboratoire de l'Italie (" c'est un pays très réceptif, qui absorbe tout ce qui se passe à l'extérieur; si vous regardez l'Italie, vous regardez votre...

Alors que Roberto Saviano, l'auteur de Gomorra, s'épanchait récemment, au Monde Festival, sur le côté laboratoire de l'Italie (" c'est un pays très réceptif, qui absorbe tout ce qui se passe à l'extérieur; si vous regardez l'Italie, vous regardez votre avenir"), Arte diffuse un documentaire assez passionnant sur la vision qu'en avait Pasolini. En 1959, l'écrivain et poète, déjà auteur des Ragazzi et d' Une Vie violente, est invité par le mensuel Successo à parcourir le littoral avec le photographe Paolo Di Paolo pour une série de reportages estivaux (plus tard publiés en français sous le titre La Longue Route de sable). Au fil de ses trois grandes expéditions entre 1959 et 1971, Pasolini est sûr que son pays traverse une mutation dévastatrice et il se montre très pessimiste quant à son avenir. Religieuses en vacances, gamins de rue, crime organisé, policiers qui vérifient au centimètre près si les bikinis sont vraiment décents et mur au milieu de la plage pour séparer les hommes et les femmes (il est encore là aujourd'hui): le documentaire de Claus Bredenbrock confronte les mots et les photos d'hier (Paolo Di Paolo les commente) aux images en mouvement d'aujourd'hui. Un exercice de style plutôt réussi...