Il y a des vagues de l'Histoire qui nous paraissent désormais périphériques. Et pourtant, elles peuvent encore éclaircir le présent et sa géopolitique, les démocraties récentes ou boiteuses. Ainsi des chutes des empires ottoman, russe, austro-hongrois qui, au début du siècle dernier, avaient entraîné la création d'États comme l'Autriche, la Hongrie, l'ex-Yougoslavie, l'ex-Tchéco...

Il y a des vagues de l'Histoire qui nous paraissent désormais périphériques. Et pourtant, elles peuvent encore éclaircir le présent et sa géopolitique, les démocraties récentes ou boiteuses. Ainsi des chutes des empires ottoman, russe, austro-hongrois qui, au début du siècle dernier, avaient entraîné la création d'États comme l'Autriche, la Hongrie, l'ex-Yougoslavie, l'ex-Tchécoslovaquie, la Pologne, la Lituanie, la Lettonie, l'Estonie... Des pays dits "de l'Europe centrale et orientale" (PECO). Bozar, qui a toujours un événement arty estampillé "européen" en poche, a prévu une année 2018 de commémorations sous la bannière "1918 European Dreams of Modernity". De quoi se rappeler cette époque où l'avant-garde filait un uppercut à l'académisme de l'art et des idées. Dadaïsme, surréalisme, expressionnisme, suprématisme, futurisme, etc. avaient aussi leurs rêves de modernité. Art et Histoire. Ce week-end, Bozar présente donc une exposition dynamique intitulée Too Soon Too Late, réunissant des artistes autrichiens (Aldina Michelle Topcagic), hongrois (Zsolt S?rés), tchèques (Mi?enka ?echová & Markéta Vacovská), roumains (Florin Flueras), polonais (Dada von Bzdülöw Theatre), etc. " Ces artistes ont réfléchi aux changements qui ont eu lieu au cours de ces 100 dernières années dans leurs pays, dans la nouvelle Europe ou dans la société en général. Qu'avons-nous gardé de cette période? Quel est le sens de l'avant-garde aujourd'hui? Et quel est le rôle de la mémoire historique dans les arts aujourd'hui?" Une expo intéressante où le public est invité à se déplacer entre de courts spectacles de danse, des performances et des installations vidéo qui seront proposés en boucle de 90 minutes. Moins "à la mode" qu'auparavant et toutes disciplines confondues, l'art contemporain des pays de l'Est vaut assurément le détour.