Le manga d'horreur se divise en deux catégories: Kazuo Umezu et le reste. Du mangaka Junji Ito au cinéaste Kiyoshi Kurosawa, beaucoup se revendiquent de cette superstar espiègle, sorte de grand enfant de 83 ans qui s'habille quotidiennement en rayures rouges et blanches. Sa d...

Le manga d'horreur se divise en deux catégories: Kazuo Umezu et le reste. Du mangaka Junji Ito au cinéaste Kiyoshi Kurosawa, beaucoup se revendiquent de cette superstar espiègle, sorte de grand enfant de 83 ans qui s'habille quotidiennement en rayures rouges et blanches. Sa demeure tokyoïte, qui a tout d'une maison de poupées à taille humaine, arbore d'ailleurs ces mêmes rayures! Comme si réel et fiction s'étaient mis à fricoter dangereusement autour d'Umezu. Pourtant, pas de traces de cette énergie pop infantile -plutôt nichée dans la production comique de l'auteur, inédite en VF- dans ses mangas d'épouvante, désespérés et d'un premier degré total. Orochi n'y déroge pas. Cris d'effroi, morts atroces, mélodrames à twists, onomatopées aux airs de pattes d'araignée... Un premier tome sur quatre qui enchaîne deux récits du versant "horreur psychologique" du mangaka, où l'épouvante se terre davantage dans les failles humaines -jalousie, peur de vieillir...- que dans les vues repoussantes. Si toute oeuvre d'Umezu mérite l'attention, ce volume au contenu daté de 1969 n'a pas la finesse du joyau eighties Je suis Shingo, prix du patrimoine à Angoulême en 2018, ou du traumatisant Baptism. Pas prioritaire, donc, mais restons vigilant: la suite pourrait bien nous contredire, à la manière d'un bon vieux twist umezien.