C'est l'un des disques les plus attendus de l'année. Prévu pour la fin juin, le nouvel album de MIA succédera à 2 premiers essais, Arular (2005) et Kala (2007), qui avaient fait beaucoup parler d'eux. Il est donc temps de commencer à chauffer la piste. Et c'est bien parti depuis cette semaine. L'Anglaise d'origine sri-lankaise, Mathangi Arulpragasam de son vrai nom, a en effet balancé un premier nouveau morceau. Il s...

C'est l'un des disques les plus attendus de l'année. Prévu pour la fin juin, le nouvel album de MIA succédera à 2 premiers essais, Arular (2005) et Kala (2007), qui avaient fait beaucoup parler d'eux. Il est donc temps de commencer à chauffer la piste. Et c'est bien parti depuis cette semaine. L'Anglaise d'origine sri-lankaise, Mathangi Arulpragasam de son vrai nom, a en effet balancé un premier nouveau morceau. Il s'intitule Born Free, et joue la carte de la saillie punk hardcore binaire. On sera en droit de le trouver anecdotique. Ce qui fait jaser aujourd'hui ne concerne en fait pas vraiment la musique. Mais bien le clip. Un court-métrage de 9 minutes à la violence très explicite qui mettra volontiers mal à l'aise. Cela tombe bien: c'est sans doute l'effet recherché. Il n'a ainsi fallu que quelques heures pour voir le clip retiré des écrans américains de YouTube. Qu'y voit-on? Le scénario est celui d'une rafle ultra brutale menée par des policiers américains (le drapeau cousu sur l'uniforme). Passage à tabac, exécution sommaire, corps déchiquetés par des explosions... Tout y passe. Les victimes? Des jeunes hommes qui ont pour seul point commun de présenter des cheveux... roux. Derrière la caméra, on retrouve en fait Romain Gavras. Le Français n'en est pas à son coup d'essai. Dans le même genre, il avait créé la polémique avec le clip Stress de Justice. Il y avait filmé la descente d'un gang de banlieues, façon Orange Mécanique. Avec Born Free, le sous-texte est au moins plus explicite: les abus de la violence d'Etat, la stigmatisation arbitraire... Ce n'est pas plus que ça, mais cela a au moins le mérite d'être raccord avec la posture politique de MIA (elle est la fille d'un activiste tamoul). Evidemment, certains n'ont pas tardé à décoder les influences et autres emprunts plus ou moins explicites de Gavras. Notamment au Zombie de Romero ou surtout au Punishment Park de Peter Watkins. Mieux encore: dans la foulée, le site Ecrans du quotidien Libération faisait remarquer que le clip n'est pas sans annoncer le premier long métrage de Gavras. Redheads ( Les Seigneurs, en VF) raconte en effet l'histoire de 2 frères... rouquins (Vincent Cassel et Olivier Barthélémy), qui, lassés des moqueries, décident de se venger avant de rejoindre leur "milieu naturel", l'Irlande. C'est ce qu'on appelle avoir de la suite dans les idées... L.H.