La carrière artistique de Marc Lavoine a démarré à la télévision. C'était en 1981 dans la série Pause-café, une apparition au côté de Véronique Jannot, trois ans avant ses débuts dans la chanson. Quelques rôles sur le petit écran -et d'autres, nombreux, au cinéma- plus tard, le voici sous ...

La carrière artistique de Marc Lavoine a démarré à la télévision. C'était en 1981 dans la série Pause-café, une apparition au côté de Véronique Jannot, trois ans avant ses débuts dans la chanson. Quelques rôles sur le petit écran -et d'autres, nombreux, au cinéma- plus tard, le voici sous les traits du flic Kepler, un rôle qui lui permet d'exprimer pleinement ses parts d'ombre. Car Kepler est aux prises avec des troubles de la personnalité. Pas simple lorsqu'on est diligenté sur des enquêtes musclées, comme cette descente qui tourne mal et qui enferme le policier dans une mémoire traumatique où surgissent des fantômes, des monstres et des souvenirs d'enfant brutalisé et d'où il ressort transformé en bête à tuer, froide et clinique. Le dispositif, très théâtral, plombe un peu l'action mais donne à Lavoine une matière de jeu intéressante. Muté au Havre, Kepler enquête avec Alice Hadad (Sofia Essaïdi), sur une sordide affaire de disparition, mêlée à un trafic de biens achetés aux migrants de Calais. Le contexte sociétal abrasif donne de l'épaisseur à un scénario qui tire un peu trop de (grosses) ficelles à la fois, comme celle qui mène Alice à rejouer la guerre des Anciens et des Modernes avec une mère dépassée et forcément gauchiste. Globalement, Lavoine et Essaïdi s'en sortent bien dans un polar qui avance sur le fil du rasoir.