Le pixel 2D n'a plus le monopole du rétrogaming. Désormais, les générations de nostalgiques se superposent. Et les productions 3D des deux premières PlayStation soulèvent une vague de mélancolie engloutissant jusqu'à 200 euros pour une édition collector de Metal Gear Solid. Dévoué corps et âme aux jeux de rôle nippons des années 90, Atsushi Hashimoto préfère la création à la collection. Lost Sphear, sa deuxième production, roule ainsi comme un hommage contemporain à l'âge d'or des RPG japonais. Une aventure qui invite à la régression coupable entre Chrono Trigger, Xenogears et Final Fantasy.
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Le pixel 2D n'a plus le monopole du rétrogaming. Désormais, les générations de nostalgiques se superposent. Et les productions 3D des deux premières PlayStation soulèvent une vague de mélancolie engloutissant jusqu'à 200 euros pour une édition collector de Metal Gear Solid. Dévoué corps et âme aux jeux de rôle nippons des années 90, Atsushi Hashimoto préfère la création à la collection. Lost Sphear, sa deuxième production, roule ainsi comme un hommage contemporain à l'âge d'or des RPG japonais. Une aventure qui invite à la régression coupable entre Chrono Trigger, Xenogears et Final Fantasy. Hashimoto aime expliquer aux médias qu'il veut remettre au goût du jour l'" importance des sentiments" dans les jeux de rôle. Cette noble intention peine malheureusement à se concrétiser sur Lost Sphear. Plongé au sein d'une bande de (très) jeunes combattants, le gamer découvre que son village a été recouvert par un mystérieux nuage. Cette masse blanche et ouateuse qui contamine le monde entier les poussera, ô surprise, à l'aventure. D'un héros qui a perdu sa mère à un kid turbulent au coeur d'or, les profils des protagonistes radotent les clichés des RPG. Inutile d'espérer jubiler face aux fêlures lézardant la psychorigidité d'un Aldebert Steiner sur Final Fantasy VIII. Les textes en français se déroulent au fil de dialogues soporifiques. Ce manque d'inspiration qui pousse à marteler la manette pour accélérer le défilement des textes est heureusement sauvé de justesse par le coeur du gameplay de Lost Sphear. Se déroulant dans les décors que l'on explore, les combats au tour par tour obligent ainsi à réfléchir dans l'espace: la position des membres de l'équipe y est fondamentale. Loin d'être un RPG tactique, Lost Sphear ne demande pas moins de garder un oeil attentif sur ses terrains de combat. Après avoir choisi une action entre pouvoir spécial ou coup normal, on place au mieux son personnage face aux adversaires. Un héros qui tire à distance fera mouche sur plusieurs cibles en cas d'alignement judicieux. Les dégâts causés par les attaques dépendent aussi des positions de chaque guerrier. Frapper les flancs d'un boss blesse plus qu'un coup frontal. Dans le même ordre d'idées, encercler l'adversaire avec son équipe garantit que certains d'entre eux ne seront pas touchés. Cette grammaire héritée de Chrono Trigger attise la curiosité au début de ce périple médiéval fantastique. Plus tard, des " Spirites Momentum" déclenchent des pouvoirs spéciaux lorsqu'on appuie sur une touche au bon moment, en plein combat. Les " Exomechs" se présentent également comme des armures mecha utiles au combat, mais aussi dans les zones d'exploration. Autant de bonnes idées... sur le papier. En pratique, Lost Sphear ne décolle jamais tant il se borne à appliquer très scolairement des recettes éprouvées. Moins brouillon mais plus générique qu' I Am Setsuna (la précédente production de Tokyo RPG Factory), Lost Sphear a au moins le mérite de prouver que Square Enix garde le goût des RPG vintage.