Vincen Beeckman ne revendique pas une position unique dans le champ de la photographie. Quand on l'interroge sur les photographes dont il se sent proche, il renvoie vers les membres de BlowUp, un collectif de photographes actif entre 2000 et 2005. Percutante, cette association prônait une pratique artistique résultant de la "simple confrontation entre un être ordinaire et les personnes, objets et espaces, croisés au fil de ses recherches et de ses expériences intimes". À terme, la proximité des différents membres a fait que les particularités des uns et des autres s'amenuisaient, raison pour laquelle il était im...

Vincen Beeckman ne revendique pas une position unique dans le champ de la photographie. Quand on l'interroge sur les photographes dont il se sent proche, il renvoie vers les membres de BlowUp, un collectif de photographes actif entre 2000 et 2005. Percutante, cette association prônait une pratique artistique résultant de la "simple confrontation entre un être ordinaire et les personnes, objets et espaces, croisés au fil de ses recherches et de ses expériences intimes". À terme, la proximité des différents membres a fait que les particularités des uns et des autres s'amenuisaient, raison pour laquelle il était important de dissoudre la structure. Il reste que certains noms s'imposent comme des évidences. Le lien ne pouvait que s'établir avec le travail d'Isabelle Detournay. Pour cause, celle-ci a d'abord suivi des études d'assistante sociale avant de se mettre à la photographie. Cette connexion forte avec le réel a forcément séduit Vincen Beeckman qui apprécie beaucoup ses portraits d'étudiants en mécanique de garage aux Arts et Métiers. Ce qu'elle dit de sa pratique? "L'image volée ne m'intéresse pas. L'autre doit être conscient de ma présence, de l'image de lui-même qu'il a envie de donner." Ou encore: "J'ai l'impression de photographier toujours la même chose: des traces de vie, d'existences, qui pourraient se dissoudre mais qui sont fixées là, en argentique, sans bruit, intenses." WWW.ISABELLEDETOURNAY.NET "Le travail de Raphaël m'a beaucoup inspiré en matière de couleurs", confie Vincen Beeckman. Chez Carette, on renoue avec "cet intérêt pour l'ordinaire et le détail parlant plus que pour le sensationnel". Lui aussi aime se camoufler derrière l'image du touriste indolent. WWW.RAPHAELCARETTE.BE Originaire de Tournai, Clément fait partie des membres fondateurs de BlowUp. Il développe un travail au croisement de la photographie documentaire et de la réflexion sur ses limites. Une série comme My Own Private Idaho témoigne de la maîtrise de Nicolas Clément qui évolue sur le fil entre "social" et esthétisme léché. Le refus de tout sensationnalisme caractérise également ses images. HTTP://NICOLASCLEMENT.ORG En Vincent Delbrouck, Vincen Beeckman loue le "street photographer". Arpentant le globe, du Népal au Tibet, Delbrouck cultive "un univers singulier qui oscille entre réalisme sale et documentaire poétique" et se définit comme un photographe privilégiant "une forme de recherche empathique au monde". Soit une forme de compassion qui ne peut que retenir l'attention de Beeckman. WWW.VINCENTDELBROUCK.BE Ce photographe issu de la Région du Centre évolue dans un domaine avec lequel Vincen Beeckman ne se sent pas à l'aise, à savoir le paysage. S'inscrivant dans le registre de la "poésie documentaire" tel que l'a formulé Michel Poivert, Bomal pose son objectif sur les friches industrielles. Son ambition? "La recherche des indices de l'habitus culturel d'un groupe ou d'une société donnée à travers l'espace, l'urbanisme et l'aménagement du territoire." Le tout pour une quête qui l'a mené notamment au Canada, en France, en Italie et en Albanie. M.V.