2. Comme les Dandy Warhols et le Brian Jonestown Massacre (celui qui n'a pas vu Dig! lève le doigt), les Ganglians sont le genre de groupe dont on peut faire des films. Ceux qui sont aux 3 quarts SDF. Qui oublient ordis et passeports dans les cafés. Qui abandonnent involontairement l'un des leurs sur une aire d'autoroute. " Je m'en suis rendu compte après quelques kilomètres en soulevant sa couverture, convaincu qu'il venait de me parler, se souvient le guitariste et chanteur Ryan Grubbs, immense barbu au poil long. En même temps, notre van n'a...

2. Comme les Dandy Warhols et le Brian Jonestown Massacre (celui qui n'a pas vu Dig! lève le doigt), les Ganglians sont le genre de groupe dont on peut faire des films. Ceux qui sont aux 3 quarts SDF. Qui oublient ordis et passeports dans les cafés. Qui abandonnent involontairement l'un des leurs sur une aire d'autoroute. " Je m'en suis rendu compte après quelques kilomètres en soulevant sa couverture, convaincu qu'il venait de me parler, se souvient le guitariste et chanteur Ryan Grubbs, immense barbu au poil long. En même temps, notre van n'avait pas de fenêtre. On voyageait comme des clandestins." Les Ganglians sont de fameux numéros. Le malheureux de l'histoire, le bassiste Adrian Comenzind, est botaniste de formation. Ce qui est assez peu commun pour un rocker mais plutôt utile quand on cherche à enregistrer de la musique psychédélique et qu'on sonne comme les gamins lo-fi de Brian Wilson et de ses Beach Boys. " Je ne fais pas spécialement pousser des trucs dans mon jardin mais j'ai quelques plantes shamaniques. A Sacramento, on vit près du triangle de la weed. Tu peux y trouver de l'herbe sous toutes ses formes. Brownies, cakes, sodas... Il existe même du weed à lèvres." Si le nouvel album des Ganglians était une drogue? " Ce serait de la salvia. Un truc très immédiat à la fois flippant et réconfortant", avance l'un. " Moi, je pencherais plutôt pour les champignons. Ils te procurent de terribles montées mais te promènent également dans des coins sombres. Ce disque, c'est un peu un pote qui te dit la vérité et en rigole. " L'album devait s'appeler Still Living in my dreams. Il s'intitule finalement Still Living tout court. Une référence discrète aux Homosexuals et à leur chanson Still Living in my car. Les Ganglians ne sont pas des musiciens avec une feuille de route, un itinéraire tout tracé. Ce sont plutôt des mecs qui se perdent et qui le font exprès. "Still Living est un constat, un retour, une résurrection. Son prédécesseur Monster Head Room avait été profondément influencé par quelques disques des années 60. Notamment Begin de Millenium. On est aussi fans de girl groups, de Creedence Clearwater Revival, de Joe Meek et des Chills. Comme on a beaucoup tourné, on a sans doute par ailleurs été davantage marqués par ce qui se fait aujourd'hui." Plus direct, Still Living a été mis en boîte à Sacramento dans le studio The Hangar dirigé par l'éditeur de Tape Op Magazine, bimensuel consacré à l'enregistrement. " La scène musicale de Sacramento a ses hauts et ses bas. Avant, on y entendait énormément de math rock et de trucs très expérimentaux. Les mecs jouaient de la scie, de la tronçonneuse et tout le monde applaudissait. Aujourd'hui, les groupes restent barrés mais sont tournés vers des choses plus abordables. Comme Death Grips. Un trio de hip hop mutant. C'est violent, frontal. Je recommande leurs concerts à tout le monde." Commencez peut-être par écouter le nouveau Ganglians... l STILL LIVING, DISTRIBUÉ PAR: SOUTERRAIN TRANSMISSIONS/KONKURRENT. *** J.B.