Égarée sous les radars depuis qu'elle a quitté Grey's Anatomy en 2010, Katherine Heigl avait surnagé entre un chapelet de romcom's et de séries de moyenne portée ( Suits, State of Affairs). La voici à la production et dans le rôle principal de Firefly Lane. Un doux mélange en dix épisodes de soap, de comédie sentimentale façon téléfilm de mi- journée et de prude licence sexuelle,...

Égarée sous les radars depuis qu'elle a quitté Grey's Anatomy en 2010, Katherine Heigl avait surnagé entre un chapelet de romcom's et de séries de moyenne portée ( Suits, State of Affairs). La voici à la production et dans le rôle principal de Firefly Lane. Un doux mélange en dix épisodes de soap, de comédie sentimentale façon téléfilm de mi- journée et de prude licence sexuelle, qui rejoint parfaitement la niche des Virgin River, Emily in Paris ou Sweet Magnolias. Firefly Lane raconte en trois décennies qui s'entremêlent et distillent leurs secrets (coucou This Is Us) l'amitié entre Tully (Katherine Heigl) la délurée et Kate (Sarah Chalke) la binoclarde. Leurs destins contraires les ont réunies à l'adolescence, dans les années 70, de part et d'autre de cette avenue résidentielle d'une banlieue de Seattle. La manière avec laquelle la série traite leur condition de femmes et leurs traumas respectifs (Tully ado est notamment victime de viol) ne remet jamais en cause le système mais intensifie ses clichés. À la quarantaine, Tully est devenue une célibattante star de la télé façon Ellen DeGeneres et Oprah Winfrey. Kate, récemment divorcée, reprend du service dans la presse féminine après avoir passé quinze ans à élever seule Marah, fruit de son mariage avec Johnny, producteur de Tully. Chacune tente de recoller les morceaux d'une vie qui repasse par entrelacs, servie par une réalisation très inégale. Les années 80 font particulièrement mal, avec leur panoplie rétro-stéréotypée. En touillant dans les codes les plus basiques de la télévision, la série offre malgré tout des portraits de femmes attachants, notamment portés par deux jeunes actrices qui crèvent l'épaisseur de son filtre doré: Ali Skovbye et Roan Curtis dans les rôles de Tully et Kate en ados résilientes.