Trepalium, Transferts et désormais Ad Vitam: Arte creuse le domaine de la science-fiction française avec cette nouvelle série, sélectionnée dans de nombreux festivals, dont Toronto et Séries Mania. Darius, 119 ans, y enquête sur un suicide collectif dans un monde où la régénération cellulaire offre la promesse d'une vie é...

Trepalium, Transferts et désormais Ad Vitam: Arte creuse le domaine de la science-fiction française avec cette nouvelle série, sélectionnée dans de nombreux festivals, dont Toronto et Séries Mania. Darius, 119 ans, y enquête sur un suicide collectif dans un monde où la régénération cellulaire offre la promesse d'une vie éternelle. Il s'allie avec Christa, rescapée de ce type d'action maniant le sarcasme à la perfection. Yvan Attal, déchirant, et Garance Marillier, fascinante, forment ce duo singulier, tout en silences et regards lourds de sens. Le réalisateur césarisé Thomas Cailley ( Les Combattants) signe une critique acerbe de la société actuelle, en questionnant avec justesse l'égarement de la jeunesse (une " longue salle d'attente"), la surpopulation et la place de la mort dans nos vies. Si l'enquête prend une ampleur intéressante, Cailley développe en parallèle une réflexion existentielle vertigineuse. Il ose alors des séquences oniriques comme des changements de points de vue judicieux, dans une esthétique proche de Nicolas Winding Refn voire de Dario Argento. Des influences audacieuses, qui baignent la série dans des couleurs bleutées d'une grande beauté. Ad Vitam aurait toutefois mérité quelques épisodes supplémentaires pour mieux développer la psychologie de ses personnages et étendre son intrigue. La fin, décevante, ternit la qualité générale d'une série qui laisse tout de même entrevoir un futur radieux pour la fiction télévisuelle française.