AEROPLANE

Grosse hype 2009, le duo de DJ italo-belgo-wallons s'était fait un nom à l'international sur la foi d'une série de remix fortiches (Grace Jones, Friendly Fires...). Restait l'épreuve de l'album. Pas forcément évidente -Stephen Fasano quittera le navire, ou plutôt le cockpit, en plein vol-, mais concluante. Désormais aux seules mains de Vito De Luca, Aeroplane a sorti un premier album ambitieux, disque de ciccio pop baroque, qui a le bon goût de titille...

Grosse hype 2009, le duo de DJ italo-belgo-wallons s'était fait un nom à l'international sur la foi d'une série de remix fortiches (Grace Jones, Friendly Fires...). Restait l'épreuve de l'album. Pas forcément évidente -Stephen Fasano quittera le navire, ou plutôt le cockpit, en plein vol-, mais concluante. Désormais aux seules mains de Vito De Luca, Aeroplane a sorti un premier album ambitieux, disque de ciccio pop baroque, qui a le bon goût de titiller le mauvais. Le phénomène. D'Istanbul à Vladivostok, tout le monde a accroché au tube que Paul Van Haver a pondu un soir de glande dans sa chambre bruxelloise, près de Bockstael. Même Kanye West a embrayé en donnant sa version, tandis que Jamel Debbouze s'amuse dans un récent clip à en revendiquer la paternité. L'album, Cheese, a beau montré les limites de la formule -du beat festif sur des textes déprime-, il a aussi démontré son irrésistible efficacité. Le rock francophone a trop longtemps joué petit bras que pour ne pas louer la démarche de My Little Cheap Dictaphone. En imaginant un projet de conte rock, Redboy ne savait certainement pas dans quoi il se lançait. Inspiré du parcours de Brian Wilson, The Tragic Tale of a Genius narre l'histoire d'un musicien que son art amène au bord de la folie. Il le fait à coup de "featurings" prestigieux (Jonathan Donahue de Mercury Rev, etc) et avec une écriture indie rock pleine de souffle, suscitant des louanges jusqu'outre-Manche. Il ne faut pas grand-chose pour faire beaucoup de bruit. Une guitare, une batterie: Jan Paternoster et Dries Van Dijck n'ont pas besoin de plus pour se brancher sur un rock garage juteux à souhait. Certes, le (très) jeune duo ne réinvente pas la poudre, mais sait très bien comment l'allumer, comme l'a prouvé son 2e album, Silver Threats, ainsi que ses prestations live invariablement épatantes. En janvier, nous l'offrions à tous nos lecteurs. On n'en est pas peu fier. Ne serait-ce que parce que l'on fêtait cette année les 50 ans des indépendances africaines, le Kinshasa Succursale de Baloji est bien l'un des disques de 2010. Relecture "à la congolaise" de l'album Hotel Impala, il a surtout démontré la richesse de la démarche entreprise par Baloji. Au point de commencer à trouver un écho à l'étranger, de Londres à Rio. L.H.