Assis face à la caméra, spectateur immergé d'une capsule lui étant dédiée, David Lynch orchestre ces quelques 9 minutes de poésie visuelle dans l'idée d'illustrer la force du cinéma dans sa capacité à créer un monde à partir d'idées. "Tout individu regarde, pense, ressent et invente sa propre perception des choses. J'apprécie les histoires qui contiennent de l'abstraction. Et c'est le don du cinéma." Pour percevoir celles-ci, faudrait-il alors se soustraire de toute anxiété pour se rendre observateur de l'incarnation de ce que nous sommes à même de créer.

Initialement peintre, le réalisateur offre un instant d'immersion totale dans un art qui lui permit de donner vie à des oeuvres figées. "(...) Cela représentait un jardin en pleine nuit. Il contenait beaucoup de noir, avec des plantes vertes émergeant de l'obscurité. Soudainement, ces plantes ont commencé à se mouvoir et j'ai entendu le vent." Cette volonté d'animer ses peintures marqua son entrée dans le cinéma. Ce qui nous entrouvre la porte sur cette pièce pleine des secrets de toutes les oeuvres surréalistes dont il nous a gratifiés. Les pièces dans lesquelles il nous invite nous ramènent constamment à notre propre interprétation de son art et à une autre invitation: l'introspection, la méditation. La contemplation est parfois tout aussi importante que la quête de sens. Cette collaboration est un soutien au travail de la fondation David Lynch qui vise à appréhender et prévenir les traumatismes du stress toxique.

À voir ci-dessus ou sur le site de Nowness.

Sandra Farrands