Plus qu'un film, une expérience artistique à nulle autre pareille! Comme dans ses chefs-d'oeuvre absolus Les Jours de l'éclipse (1988) et Mère et fils (1997), Sokurov nous emmène avec Faust au coeur d'un voyage immobile, d'un songe lumineux, d'un rêve éveillé faisant vaciller la raison aux confins d'un imaginaire pénétrant. Sa très libre adaptation du grand texte visionnaire de Goethe est riche en surprises, en beautés comme en horreurs. Il convoque l'intelligence et les sens pour suivre un héros lui-même aux prises avec le très humain conflit de la pensée, de la réflexion, et des pulsions animales. Avec un Méphistophélès étrange, vieillard cauchemardesque mais ambigu flanquant un Faust déprimé, déchiré, le film trouble et fascine, sans jamais se départir d'une recherche esthétique explorant le potentiel magique d'un 7e art qui semble ici renaître. Le Jury du Festival de Venise a élu Lion d'Or ce spectacle intense, vertigineux, qui nous hante bien après le générique final... en conservant ses mystères qu'aucune lecture réductrice (y compris celle voyant dans le choix d'un Diable usurier une résurgence antisémite bien russe) ne saurait élucider totalement.

  • Drame fantastique d'Alexander Sokurov. Avec Johannes Zeiler, Anton Adasinskyi, Isolda Dychauk. 2h14. Sortie: 18/09.
Plus qu'un film, une expérience artistique à nulle autre pareille! Comme dans ses chefs-d'oeuvre absolus Les Jours de l'éclipse (1988) et Mère et fils (1997), Sokurov nous emmène avec Faust au coeur d'un voyage immobile, d'un songe lumineux, d'un rêve éveillé faisant vaciller la raison aux confins d'un imaginaire pénétrant. Sa très libre adaptation du grand texte visionnaire de Goethe est riche en surprises, en beautés comme en horreurs. Il convoque l'intelligence et les sens pour suivre un héros lui-même aux prises avec le très humain conflit de la pensée, de la réflexion, et des pulsions animales. Avec un Méphistophélès étrange, vieillard cauchemardesque mais ambigu flanquant un Faust déprimé, déchiré, le film trouble et fascine, sans jamais se départir d'une recherche esthétique explorant le potentiel magique d'un 7e art qui semble ici renaître. Le Jury du Festival de Venise a élu Lion d'Or ce spectacle intense, vertigineux, qui nous hante bien après le générique final... en conservant ses mystères qu'aucune lecture réductrice (y compris celle voyant dans le choix d'un Diable usurier une résurgence antisémite bien russe) ne saurait élucider totalement.