La détermination de Laura Bispuri se lit sur son visage comme dans ses gestes et une parole jamais timide. La jeune cinéaste italienne colore aussi son discours d'une émotion palpable, d'une ferveur admirable envers le 7e art et surtout le trio féminin que célèbre son film. Une fille, sa mère et puis cette autre femme dont la présence signale un lourd secret. Charnel, sauvage, irréductible aux clichés mais aussi généreux, empathique, plein d'amour, Figlia Mia mérite le détour par une Sardaigne aux paysages aussi rudes que beaux. Il offre une preuve des plus émouvantes et des plus manifestes de ce pouvoir suprême que possède le cinéma: la capacité d'incarnation. "Je définis mon approche du cinéma comme une approche physique, explique la réalisatrice. Je vise l'incarnation pour les personnages que je crée mais aussi plus largement pour la réalité que je veux rendre palpable. J'utilise la machine à enregistrer qu'est le cin...