Huitième long métrage pour Joachim Lafosse, et d'emblée cette évidence, exprimée sur le mode de l'autocritique lucide: oui, le cinéaste belge le sait, Continuer (lire la critique) est loin d'être le film le plus intéressant de son parcours. "J'aimerais juste un peu d'indulgence", lâche-t-il alors qu'on le retrouve début janvier dans son nouveau chez lui à Forest. Étrange mais très honnête manière de débuter une interview promo. Il poursuit: "C'est un film qui a été très difficile à faire. Pour plein de raisons. Parce que tourner avec des chevaux c'est compliqué, déjà, mais surtout parce que c'est la toute première fois que j'adapte un roman. Or la littérature, c'est l'art de la liberté. C'est la page blanche. Tandis que le cinéma, comme Bresson l'écrit dans ses Notes sur le cinématographe, c'est l'art de la contrainte. Tu dois composer avec le réel. Et puis tu te retrouves avec des financiers qui ont lu le bouquin également et qui ont tous une idée du film à faire. Ça a été très compliqué avec la production. Il faut composer avec le désir de tout le monde. Et travailler avec une comédie...