Quand le film de Lukas Dhont atterrira aux États-Unis sur Netflix en janvier prochain, ce ne sera pas dans sa version originale: une scène de nu, aussi courte qu'essentielle, sera coupée au montage pour éviter les polémiques et maximiser les chances pour Girl dans la course aux Oscars. Le réalisateur ne saute évidemment pas de joie, "mais je me suis résigné, explique-t-il au Morgen. Netflix ne veut rien laisser au hasard."

Alors que le film vient d'être nommé à trois reprises aux European Film Awards, Netflix, qui a acquis les droits de distribution pour le marché américain au dernier Festival de Cannes, essaie en effet coûte que coûte de décrocher une nomination aux Oscars. La plateforme de streaming, qui a aussi dans son portefeuille le Roma du réalisateur mexicain Alfonso, voudrait avec ces deux films s'installer comme un acteur crédible dans le monde du cinéma d'auteur.

Comme Netflix compte montrer Girl dans une sélection de cinémas américains (chose qu'elle compte faire à l'avenir avec tous ses films "de prestige"), celui-ci a dû être montré au préalable à la MPAA, la Motion Picture Association of America, qui établit la classification des films aux États-Unis. Celle-ci est tombée sur la scène de fellation et a demandé qu'elle soit retirée du montage. "Même s'il n'y a rien à y voir, tempête Lukas Dhont au Morgen. Je ne comprends toujours pas pourquoi, mais nous allons devoir remonter la scène."

La scène où Victor Polster est vu nu ne pose, elle, pas de problème à la MPAA, "parce qu'il n'y a pas de contexte sexuel". Mais Netflix veut éviter d'être accusé de pédopornographie (Polster a 15 ans), de telles accusations saboteraient définitivement la campagne pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. À la mi-décembre, on saura si Girl a réussi à rester dans la shortlist de 9 candidats. Les cinq films nommés à l'Oscar seront quant à eux connus le 22 janvier.