Depuis le début de sa carrière, le peintre gantois inscrit sa peinture, comme Magritte, dans l'énigmatique mais à la différence des images du peintre surréaliste, ses oeuvres vivent d'une véritable addiction pour les pratiques des peintres anciens qu'ils soient italiens comme Le Caravage, français comme Courbet ou espagnols comme Goya et surtout Velasquez. Le rouge de ce cône de satin ne renverrait-il pas dès lors (le titre nous y engage) à celui de la cape et de la toque que porte le pape Innocent X peint par l'artiste madrilène en 1650? Même écriture à la fois précise et légère, même somptuosité des teintes, identique traitement des lumières. Mais ici, il ne s'agit ici que d'un cône (déjà apparu comme motif en 2007) qui pourrait inscrire ce nouveau travail dans la tradition des "Still leven" des peintres du XVIIe siècle. Mais il peut aussi évoquer le capirote des flagellants espagnols, la coiffe des condamnés à morts ou alors la capuche rouge du "Kleagle", l'officier régional du recrutement des nouveaux membres du Klu-Klux-Klan actif jusqu'en Allemagne depuis le XXIe siècle. Et de là, rejoindre une dimension à la fois plus politique et en même temps plus universelle.

En réalité, l'oeuvre, une fois associée aux autres toiles présentes dans l'exposition, vise un point de non-dit menaçant. On voit en effet, aux côtés de ces "coloured cones" présentés en solo, en duo ou en nombre plus important comme autant de "vanités", d'autres peintures, ici d'un visage encapuchonné, là de silhouettes en tissus allongées sur le sol ou encore d'un cône en forme de missile nucléaire en carton-pâte. Comme toujours chez Borremans, aucune référence précise ne nous viendra en aide, ni lieu, ni temps. Le noeud demeure, serré, somptueux afin, confiait-il que l'oeuvre "nous capte dans le mystère qui lui est propre". Celui, que voici bien longtemps, il avait désigné dans un tableau représentant le buste d'un homme nu dont le coeur avait été remplacé par un trou noir, une béance d'encre dans laquelle plongeait un pinceau...

Anvers Borgerhout. Zeno X Gallery, 15 Godtsstraat. Du 13 janvier au 20 février. Mercredi - Samedi de 13h à 17h. www.zeno-x.com

Depuis le début de sa carrière, le peintre gantois inscrit sa peinture, comme Magritte, dans l'énigmatique mais à la différence des images du peintre surréaliste, ses oeuvres vivent d'une véritable addiction pour les pratiques des peintres anciens qu'ils soient italiens comme Le Caravage, français comme Courbet ou espagnols comme Goya et surtout Velasquez. Le rouge de ce cône de satin ne renverrait-il pas dès lors (le titre nous y engage) à celui de la cape et de la toque que porte le pape Innocent X peint par l'artiste madrilène en 1650? Même écriture à la fois précise et légère, même somptuosité des teintes, identique traitement des lumières. Mais ici, il ne s'agit ici que d'un cône (déjà apparu comme motif en 2007) qui pourrait inscrire ce nouveau travail dans la tradition des "Still leven" des peintres du XVIIe siècle. Mais il peut aussi évoquer le capirote des flagellants espagnols, la coiffe des condamnés à morts ou alors la capuche rouge du "Kleagle", l'officier régional du recrutement des nouveaux membres du Klu-Klux-Klan actif jusqu'en Allemagne depuis le XXIe siècle. Et de là, rejoindre une dimension à la fois plus politique et en même temps plus universelle. En réalité, l'oeuvre, une fois associée aux autres toiles présentes dans l'exposition, vise un point de non-dit menaçant. On voit en effet, aux côtés de ces "coloured cones" présentés en solo, en duo ou en nombre plus important comme autant de "vanités", d'autres peintures, ici d'un visage encapuchonné, là de silhouettes en tissus allongées sur le sol ou encore d'un cône en forme de missile nucléaire en carton-pâte. Comme toujours chez Borremans, aucune référence précise ne nous viendra en aide, ni lieu, ni temps. Le noeud demeure, serré, somptueux afin, confiait-il que l'oeuvre "nous capte dans le mystère qui lui est propre". Celui, que voici bien longtemps, il avait désigné dans un tableau représentant le buste d'un homme nu dont le coeur avait été remplacé par un trou noir, une béance d'encre dans laquelle plongeait un pinceau...