Après tout, l'artiste français n'est pas musicien et n'entretient aucun lien avec la recherche qu'elle appartienne aux domaines des formes tant interrogées au fil du XXe siècle ou à ceux d'une post-modernité plus conceptuelle. On ne retiendra pas davantage l'intérêt que porte souvent le dessin contemporain aux questions du support ou de l'outil. Un simple crayon suffit ici à asseoir la patience du créateur. Mais cette banalité sert un propos qu'avait énoncé en son temps Max Ernst lorsqu'il utilisait les tracés sans relief des illustrations de livres de vulgarisation dont il empruntait des fragments afin de composer ses collages. Ici de même, tout est axé sur la rencontre entre des éléments réels ou imaginaires que la logique n'épouse pas. Tout parait miser sur l'apparente évidence d'un lieu et de personnages placés en une situation illogique. Puis sur l'ajout de l'un ou l'autre élément inattendu qui provoque de légers décalages du sens. Du coup, ce travail à première vue anodin peu à peu éveille la curiosité et en appelle à l'ekphrasis. Donc au langage descriptif verbal qui, suivant le fil noué entre les parties, tisse un récit que n'aurait pas renié le père des illustrateurs nonsense, Edward Lear. Ainsi apparaissent alors ces poussières d'humour noir qui, comme l'écrivait Kant, "naissent quand l'esprit perçoit un fait anormal, inattendu ou bizarre, en un mot, incongru et qui rompt avec l'ordre normal des choses."

Rossi Contemporary, 690 boulevard de Waterloo à 1180 Bruxelles. Du 6 octobre au 2 novembre. Jeudi, Vendredi de 13h à 18h, samedi de 14h à 18h. www.rossicontemporary.be